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	<title>marées vertes:  que faire?marées vertes:  que faire? &#187; nitrates</title>
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	<description>il &#34;suffit&#34; de baisser les taux de nitrates?</description>
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		<title>Reconnaissance de paternité</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Nov 2013 13:15:04 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[J&#8217;ai proposé l&#8217;idée de capter une partie du débit d&#8217;étiage du Yar en baie de la Lieue-de-Grève pour la rejeter en un lieu d&#8217;où elle ne reviendrait pas dans la baie, mais serait diluée au large. Je n&#8217;apprends que maintenant que l&#8217;idée de déplacer l&#8217;arrivée des nitrates a été proposée dès 1991 par des chercheurs [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;">J&rsquo;ai proposé l&rsquo;idée de capter une partie du débit d&rsquo;étiage du Yar en baie de la Lieue-de-Grève pour la rejeter en un lieu d&rsquo;où elle ne reviendrait pas dans la baie, mais serait diluée au large.</span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;">Je n&rsquo;apprends que maintenant que l&rsquo;idée de déplacer l&rsquo;arrivée des nitrates a été proposée dès 1991 par des chercheurs de l&rsquo;IFREMER</span><a style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;" href="#sdfootnote1sym" name="sdfootnote1anc"><sup>1</sup></a><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"> (J.Y. Piriou, A. Menesguen, J.C. Salomon) pour combattre les marées vertes en baie de St Brieuc, et je tiens donc à leur rendre l&rsquo;antériorité de l&rsquo;idée.</span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;">Malheureusement elle a fait l&rsquo;objet d&rsquo;une levée de boucliers. Imaginez, on allait agir contre la nature ! Il ne s&rsquo;agissait pourtant en premier que de dévier dans la baie l&rsquo;écoulement qui s&rsquo;était déplacé spontanément au cours des années d&rsquo;observation. J&rsquo;écris « spontanément » et non naturellement, car il est difficile d&rsquo;évaluer l&rsquo;impact des travaux portuaires, des installations conchylicoles et autres actions humaines sur cette évolution.</span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;">Ils envisageaient aussi d&rsquo;aller jusqu&rsquo;à canaliser des cours d&rsquo;eau pour envoyer les rejets en une zone où ils seraient dilués, et où l&rsquo;on pourrait éventuellement développer une culture d&rsquo;algues pour utiliser les nitrates présents.</span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;">On ne peut que regretter qu&rsquo;ils n&rsquo;aient pas été entendus à l&rsquo;époque.</span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;">Vingt ans plus tard, maintenant que leurs travaux et le temps passé ont montré à quel point la lutte serait difficile, sera-t-il plus facile d&rsquo;en faire accepter le principe, au moins à titre expérimental ? Le fait de ne canaliser qu&rsquo;une partie du débit d&rsquo;étiage permet de diminuer le coût des travaux et peut sans doute aider à faire accepter leur idée.</span></p>
<div id="sdfootnote1">
<p><a href="#sdfootnote1anc" name="sdfootnote1sym">1</a>J.Y. Piriou, A. Menesguen, J.C. Salomon. 1991. Les marées vertes à ulves : conditions nécessaires, évolution et comparaison des sites.</p>
</div>
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		<title>En bref, pour ceux qui sont pressés.</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Oct 2013 18:06:16 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Signalés dès 1924 par un agronome sur des plages de Bretagne Nord, des échouages d&#8217;algues vertes, plus précisément des ulves, sont observés sur de nombreux sites, mais en quantités importantes et gênantes seulement sur une grosse demi-douzaine de sites. Ces échouages n&#8217;ont pris une importance vraiment problématique qu&#8217;à partir de la fin des années 60, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Signalés dès 1924 par un agronome sur des plages de Bretagne Nord, des échouages d&rsquo;algues vertes, plus précisément des ulves, sont observés sur de nombreux sites, mais en quantités importantes et gênantes seulement sur une grosse demi-douzaine de sites. Ces échouages n&rsquo;ont pris une importance vraiment problématique qu&rsquo;à partir de la fin des années 60, les constructions de résidences secondaires et d&rsquo;hôtels avant cette période, par exemple à La Lieue-de-Grève, en attestent : si les échouages avaient eu l&rsquo;ampleur qu&rsquo;ils ont maintenant, personne n&rsquo;aurait construit sur le bord de cette plage magnifique.</p>
<p>Il est donc difficile d&rsquo;imaginer que le développement de l&rsquo;activité humaine en général, et de l&rsquo;agriculture en particulier n&rsquo;aient joué aucun rôle dans l&rsquo;augmentation des marées vertes. Les rejets ayant été multiples, et les algues vertes ayant des besoins divers, on ne peut toutefois pas faire porter à priori la totalité de la responsabilité sur les seuls nitrates d&rsquo;origine agricole. Les rejets de phosphates ont été considérables, et l&rsquo;agriculture n&rsquo;en est pas la seule responsable. (voir <a href="http://www.cgedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/007942-01_rapport_cle2e3e51.pdf" target="_blank">rapport</a> « Chevassus »).</p>
<p>Mais les stocks de phosphates présents dans les sédiments interdiraient tout espoir de résultat à court ou moyen terme par le biais d&rsquo;une seule action sur les rejets de phosphates. La recherche de moyens d&rsquo;éviter le relargage de ce stock de phosphore serait peut-être envisageable.</p>
<p>La solution retenue et mise en œuvre est donc d&rsquo;essayer de faire mourir les marées vertes d&rsquo;un manque de nitrates. Pour simplifier, comme on ne peut pas les faire disparaître en les privant de CO2, ni de lumière, ni de phosphates, ni de tout autre nutriment, le moins difficile, (mais très difficile quand même ) semble être de les priver de nitrates.</p>
<p>Les modélisations proposées par l&rsquo;IFREMER et le CEVA indiquent qu&rsquo;il faudra atteindre des taux inférieurs à 10 mg/litre de nitrates pour espérer un résultat ; ce qui est d&rsquo;ailleurs confirmé par l&rsquo;histoire des marées vertes : elles n&rsquo;ont été considérées comme un problème à la Lieue-de-Grève qu&rsquo;en 1968, alors que les taux moyens de nitrates dans les rivières bretonnes semblent (il y a bien peu de données à cette époque) n&rsquo;avoir dépassé 5 mg/litre qu&rsquo;après 1970. (Rappelons que l&rsquo;eau, pour être considérée comme potable, doit contenir au maximum 50 mg de nitrates par litre, c&rsquo;est à dire dix fois plus !)</p>
<p>La <a title="Actions préventives: plan, coût et limites" href="http://ysergent.fr/WordPress3/2013/10/actions-preventives-plan-cout-et-limites/" target="_blank">modélisation</a> réalisée sur le bassin versant du Yar indique qu&rsquo;il faudrait supprimer totalement l&rsquo;agriculture pour espérer arriver après quelques années à moins de 10 mg/litre. Encore n&rsquo;y a-t-il sur ce bassin versant que des élevages de bovins, dont trois qui font aussi du porc ; on est donc bien loin de l&rsquo;agriculture intensive hors-sol toujours considérée comme responsable.</p>
<p>Le choix qui se présente est le suivant: soit on maintient la pression sur les agriculteurs pour les contraindre à diminuer les fuites de nitrates, mais on sait que les taux ne descendront jamais sous 10 mg/litre, et dans le cas de la Lieue-de-Grève on ne viendra jamais à bout des marées vertes, soit on supprime totalement l&rsquo;agriculture sur ce bassin versant, et&#8230; on ne sait même pas ce qui se passera !</p>
<p>En effet, rien ne permet d&rsquo;affirmer que les stocks d&rsquo;azote organique du sol et du sédiment sous la plage, ou les organismes capables de capter l&rsquo;azote de l&rsquo;air, ne viendront pas pallier la diminution des nitrates en provenance de l&rsquo;agriculture. Donc rien ne permet d&rsquo;affirmer que les efforts accomplis ne demeureront pas vains.</p>
<p>Parce que rien ne permet aujourd&rsquo;hui de dire que ce ne sont pas les phosphates qui étaient limitants avant l&rsquo;aggravation du phénomène.</p>
<p>C&rsquo;est à dire que même si l&rsquo;idée de lutter contre les marées vertes en diminuant les flux de nitrates est recevable (encore que Guy Barroin de l&rsquo;INRA pense qu&rsquo;elle ne l&rsquo;est pas ou en tout cas pas utilisée seule), rien ne dit que cette méthode sera efficace. (On ne peut bien sûr pas exclure que cela fonctionne sur certains sites et pas sur d&rsquo;autres.)</p>
<p>Dans tous les cas, le combat sera très long, parce que les nitrates ne sont pas encore limitants : s&rsquo;ils l&rsquo;étaient, la production d&rsquo;ulves varierait annuellement suivant les flux de nitrates, or ce n&rsquo;est pas le cas. Cela signifie que la diminution des flux de nitrates sera sans effet aussi longtemps que les nitrates ne seront pas devenus limitants.</p>
<p>Et à ce moment là, on ne sait pas comment se comporteront les autres sources d&rsquo;azote évoquées plus haut, compte-tenu des stocks d&rsquo;azote et de phosphore dans les sols et les sédiments.</p>
<p>Pour la lutte contre les flux de nitrates, on se trouve en effet devant une double difficulté : diminuer les fuites « directes » d&rsquo;azote de l&rsquo;agriculture et s&rsquo;assurer que la reminéralisation de l&rsquo;azote organique du sol et le captage de l&rsquo;azote de l&rsquo;air ne compromettent les efforts accomplis.</p>
<p>Et à supposer que ces deux difficultés soient résolues (!), reste à savoir quel résultat espérer d&rsquo;une telle diminution des flux de nitrates.</p>
<p>En effet, <a href="http://archimer.ifremer.fr/doc/1999/rapport-2665.pdf" target="_blank">certaines études</a> de l&rsquo;IFREMER ont été faites en considérant que les ulves avaient un taux de matière sèche de 2,8%, ce qui amenait les chercheurs à la conclusion que les ulves utilisaient selon les sites entre 0 et 50% des nitrates apportés par les rivières en fin de printemps et début d&rsquo;été (cinq semaines centrées sur juin).</p>
<p>En réalité, le taux de matière sèche est plutôt de l&rsquo;ordre de 10%, on trouve même quelque fois 15% (rapport « Chevassus » page 74) ; il faut donc conclure des études citées que la production d&rsquo;ulves peut être jusqu&rsquo;à deux fois supérieure à ce que permettent les apports de nitrates de cette même période. D&rsquo;où viennent les autres nitrates utilisés par les ulves ? Des apports antérieurs (c&rsquo;est qu&rsquo;il y a eu stockage), des apports ultérieurs (juillet août, en général l&rsquo;étiage) ou d&rsquo;une autre source ? S&rsquo;engager dans des efforts tels que ceux qui sont envisagés dans les plans de lutte contre les marées vertes sur des bases aussi peu fiables semble un peu hasardeux.</p>
<p>Il semble qu&rsquo;on pourrait essayer, en détournant une partie du débit d&rsquo;étiage de la rivière « responsable » de vérifier si les modèles utilisés sont bons, ou s&rsquo;ils ont besoin d&rsquo;être révisés (réviser un modèle n&rsquo;est pas une honte, c&rsquo;est ce que font sans cesse les météorologues, ce grâce à quoi ils progressent sans arrêt). Cette idée avait d&rsquo;ailleurs déjà été proposée il y a plus de vingt ans par des chercheurs de l&rsquo;IFREMER, mais avait suscité à l&rsquo;époque une levée de boucliers.</p>
<p>On sait, par l&rsquo;observation d&rsquo;autres sites, sur lesquels il n&rsquo;y a pas de marée verte malgré des flux de nitrates importants, que si les nitrates arrivent à un endroit où l&rsquo;eau est suffisamment renouvelée, il n&rsquo;y a pas de formation de marée verte. Les modèles hydrodynamiques existants permettraient de savoir quel débit capter et où le rejeter pour, peut-être, éviter les marées vertes, mais en tout cas pour valider ou pas les modèles utilisés . Donc tout le monde y trouverait son compte.</p>
<p>Sauf éventuellement ceux dont le combat contre les marées vertes serait un alibi pour obtenir la fin du modèle agricole breton.</p>
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		<title>Conclusions</title>
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		<pubDate>Fri, 18 Oct 2013 15:46:16 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[  L&#8217;arbitrage demandé par le gouvernement a conclu que les marées vertes avaient pour origine les rejets à la fois d&#8217;azote et de phosphore liés à l&#8217;activité humaine, et pas seulement les rejets de nitrates par l&#8217;agriculture. S&#8217;il est un facteur fondamental, c&#8217;est le site. Il est possible de dire que les marées vertes sont [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><b> </b></p>
<p>L&rsquo;arbitrage demandé par le gouvernement a conclu que les marées vertes avaient pour origine les rejets à la fois d&rsquo;azote et de phosphore liés à l&rsquo;activité humaine, et pas seulement les rejets de nitrates par l&rsquo;agriculture.</p>
<p>S&rsquo;il est un facteur fondamental, c&rsquo;est le site. Il est possible de dire que les marées vertes sont inhérentes à certains sites puisqu&rsquo;elles étaient déjà présentes en 1924 ! L&rsquo;accroissement des rejets d&rsquo;origine humaine a fait exploser un phénomène qui existait déjà.</p>
<p>La réduction des apports de phosphore n&rsquo;aurait pas d&rsquo;effet dans un avenir proche, compte-tenu des quantités élevées présentes dans les sédiments.</p>
<p>Le seul levier d&rsquo;action disponible pour priver les algues des nutriments dont elles ont besoin serait donc la réduction des taux de nitrates dans les rivières concernées par le problème. Dans cette optique, les seuls qui peuvent agir contre les marées vertes sont les agriculteurs et la collectivité doit les soutenir dans ces efforts.</p>
<p>Il faut bien distinguer les taux maxima autorisés &#8211; 50 mg/l &#8211; et les taux qu&rsquo;il faudrait atteindre pour avoir un effet sur les marées vertes : 5 à 10 mg/l annoncés, moins de 5 mg/l si l&rsquo;on se réfère à l&rsquo;histoire des marées vertes . Autant les premiers peuvent être atteints dans un avenir très proche pour les eaux de surface, un peu plus lointain pour les nappes phréatiques, autant les seconds seront difficiles sinon impossibles à atteindre : d&rsquo;après le modèle utilisé, seul l&rsquo;arrêt de l&rsquo;agriculture permet d&rsquo;arriver sous 10 mg/l en quelques années dans le cas du Yar et c&rsquo;est probablement le cas aussi pour la baie de St Brieuc où les marées vertes ont commencé un peu après la baie de Lannion.</p>
<p>Demander aux agriculteurs des efforts pour arriver sous 50 mg/l est possible, c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs le cas déjà aujourd&rsquo;hui dans 94% des rivières bretonnes, leur demander de faire le nécessaire pour que les taux se rapprochent de la valeur guide (25 mg/l) est sans doute envisageable, leur demander d&rsquo;arriver sous 10 mg/l revient à leur demander de disparaître, et, s&rsquo;ils disparaissent, disparaîtront avec eux les emplois induits correspondants, en amont et en aval ; d&rsquo;ailleurs ils ne semblent pas prêts à disparaître spontanément. (&nbsp;&raquo;Étonnant, non ?&nbsp;&raquo; comme aurait dit Desproges.)</p>
<p><b>Il faut sortir du piège dans lequel le débat a été enfermé depuis trop longtemps, marées vertes n&rsquo;est pas synonyme de nitrates, même si ceux-ci jouent un rôle important. Il faut traiter le problème des nitrates d&rsquo;une part, le problème des échouages d&rsquo;ulves d&rsquo;autre part.</b></p>
<p>Dans cette recherche de solution au problème posé par les échouages, toutes les pistes doivent être explorées, sans à priori.</p>
<p>Le cas de la baie de la Fresnaye, où l&rsquo;enlèvement du maximum d&rsquo;ulves pendant trois ans a été suivi de l&rsquo;arrêt des marées vertes, doit être exploité, et servir sinon d&rsquo;exemple, au moins de base de réflexion.</p>
<p>Mais d&rsquo;autres voies, comme la limitation du transfert des ulves des stocks profonds vers le rideau, ou le détournement à la période sensible d&rsquo;une partie du débit des rivières véhiculant les flux de nitrates, méritent d&rsquo;être examinées de manière approfondie.</p>
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		<title>Des pistes d&#8217;action</title>
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		<pubDate>Fri, 18 Oct 2013 15:44:30 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[En dehors de la biologie des ulves, dans les facteurs qui ont une influence dans le phénomène, se trouvent: le gaz carbonique et la lumière les nitrates les phosphates les stocks profonds les marées le vent et le site &#160; - Le rôle de la lumière a été déterminant à Venise, et l&#8217;est aujourd&#8217;hui au [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">En dehors de la biologie des ulves, dans les facteurs qui ont une influence dans le phénomène, se trouvent:</span></span></p>
<p><span style="font-size: medium; font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;">le gaz carbonique et la <a title="Gaz carbonique et lumière" href="http://ysergent.fr/WordPress3/2013/10/gaz-carbonique-et-lumiere/">lumière</a></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">les <a title="Azote et nitrates: un couple infernal?" href="http://ysergent.fr/WordPress3/2013/10/azote-et-nitrates-passe-et-avenir/">nitrates</a></span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">les <a title="Phosphore et phosphates: tout par en-dessous!" href="http://ysergent.fr/WordPress3/2013/10/phosphore-et-phosphates-tout-par-en-dessous/">phosphates</a></span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">les <a title="Le rôle des stocks hivernaux." href="http://ysergent.fr/WordPress3/2013/10/stocks-hivernaux-et-marees/">stocks profonds</a></span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">les <a title="marées: autant en emporte le courant!" href="http://ysergent.fr/WordPress3/2013/10/marees-autant-en-emporte-le-courant/">marées</a></span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a title="Le rôle du vent" href="http://ysergent.fr/WordPress3/2013/10/le-role-du-vent/">le vent</a> et</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">le <a title="Le site" href="http://ysergent.fr/WordPress3/2013/10/le-site/">site</a></span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">- Le rôle de la lumière a été déterminant à Venise, et l&rsquo;est aujourd&rsquo;hui au Mont St Michel, mais on ne voit pas de moyen de modifier la lumière sur les sites concernés.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">- Nous avons vu que tous les efforts du plan de lutte portent sur les nitrates, les efforts de nettoyage des plages n&rsquo;ayant pas de rôle préventif. </span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Dans l&rsquo;étude sur le cas du Yar</span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote1sym" name="sdfootnote1anc"><sup>1</sup></a></span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">, il est proposé, semble-t-il pour la première fois, de mettre l&rsquo;accent sur le contrôle des taux en fin de printemps et début d&rsquo;été, idée qui semble intéressante. Cela veut dire faire porter les efforts sur les flux d&rsquo;azote de cette période plus que sur les flux d&rsquo;azote totaux.</span></span></p>
<p><span style="font-size: medium; font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;">A ce titre, on se demande d&rsquo;ailleurs si la contestation des arrêtés préfectoraux de juillet 2009 au motif que l&rsquo;épandage n&rsquo;était interdit sur le maïs que jusqu&rsquo;au 15 février était une bonne idée. Les épandages faits entre le 15 février et le 15 mars ne doivent pas peser beaucoup sur les flux d&rsquo;azote de mai à août. Encore faut-il savoir si on veut l&rsquo;arrêt des marées vertes ou l&rsquo;arrêt de l&rsquo;agriculture ?</span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">- Il y a trop de phosphates présents dans le sédiment (plusieurs dizaines d&rsquo;années d&rsquo;apports) pour espérer les voir jouer dans un avenir proche le rôle de facteur limitant. Et les connaissances actuelles ne permettent pas à ma connaissance de modifier la disponibilité de ces stocks.</span></span></p>
<p><span style="font-size: medium; font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;">- L&rsquo;action sur les stocks profonds d&rsquo;ulves, qui servent de relais d&rsquo;une année sur l&rsquo;autre, semble avoir eu une certaine efficacité dans la baie de la Fresnaye.</span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Maintenant que les essais ont aussi montré la faisabilité technique de la pêche en eau profonde, il reste à vérifier si cette pêche a une efficacité préventive, s&rsquo;il y a des saisons où elle est plus efficace qu&rsquo;à d&rsquo;autres et si le bilan environnemental est positif. </span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">- On ne peut pas modifier les marées, mais on peut diminuer la quantité d&rsquo;algues présentes dans le rideau pour tenter de diminuer les échouages. Les essais menés depuis quelques années sur la pêche dans le rideau ont montré que c&rsquo;était techniquement possible, il faut maintenant vérifier si cette pêche est efficace pour prévenir les échouages, ou si elle augmente la croissance comme le prédit Alain Menesguen. Comme pour la pêche en eau profonde, il reste l&rsquo;obstacle des possibles dégâts sur l&rsquo;environnement.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">On pourrait aussi s&rsquo;interroger sur le rôle que pourraient jouer les herbiers de zostères, sans doute moins pour capter les nitrates et concurrencer les ulves que pour freiner leurs déplacements sur le fond, et peut-être diminuer les transferts des stocks profonds vers le rideau. Le repiquage de zostères est très coûteux, mais les budgets en jeu sont très élevés aussi.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">- Restent les sites.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Le site a une influence considérable. </span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">On n&rsquo;envisage bien sûr pas de modifier le profil de la côte. En accompagnement de mesures d&rsquo;amélioration de l&rsquo;assainissement, une digue de 8 km a été construite dans le Lac Nord de Tunis pour modifier la circulation de l&rsquo;eau, et cela s&rsquo;est traduit par une nette amélioration de la qualité de l&rsquo;eau dans la lagune. Mais ceci n&rsquo;est pas envisageable pour d&rsquo;innombrables raisons sur les côtes bretonnes.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Il y a peut-être un autre moyen de contourner la difficulté.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Boris Vian donne la <a href="http://www.paroles.net/boris-vian/paroles-la-java-des-bombes-atomiques" target="_blank">solution</a> dans la <a href="http://www.youtube.com/watch?v=eryzp0Pklc8" target="_blank">chanson</a> où le tonton bricoleur comprend que la portée de la bombe est sans importance si on choisit bien l&rsquo;endroit &nbsp;&raquo;où ce qu&rsquo;elle tombe&nbsp;&raquo;.</span></span></p>
<p><span style="font-size: medium; font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;">Puisqu&rsquo;on ne peut pas faire chuter rapidement le flux de nitrates, et qu&rsquo;il paraît difficile de redonner à la baie de Lannion la topographie qui était la sienne il y a 150 ans, (rien ne dit d&rsquo;ailleurs que cela serait déterminant pour lutter contre les marées vertes), on peut poser la question de l&rsquo;endroit où arrive le flux de nitrates de la rivière: on pourrait capter une partie du débit d&rsquo;étiage de la rivière juste avant l&rsquo;arrivée sur la plage, et l&rsquo;envoyer par un émissaire suffisamment loin pour que les nitrates du débit capté ne soient plus disponibles pour les ulves du rideau ou pour que la circulation du flux de nitrates soit suffisamment modifiée.</span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Construire des émissaires pour rejeter des effluents de station d&rsquo;épuration a déjà été fait, que ce soit à Landéda et Lannilis (29), sur la rivière de Pont-L&rsquo;abbé, ou sur l&rsquo;Odet. Pourquoi ne pas se servir de cette technique pour écarter le flux de nitrates du Yar de la plage ?</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">En utilisant leurs modèles, l&rsquo;IFREMER ou le CEVA pourraient déterminer le débit à capter (une partie du débit d&rsquo;étiage), et le point de rejet de l&rsquo;émissaire. Le coût d&rsquo;une telle opération n&rsquo;est sûrement pas prohibitif par rapport aux budgets engagés actuellement, et cet essai permettrait de valider ou d&rsquo;invalider le modèle, de dire avec certitude quelle réduction du flux de nitrates est nécessaire pour faire diminuer l&rsquo;eutrophisation &nbsp;&raquo;de manière efficace&nbsp;&raquo;, comme le stipule le Code de l&rsquo;Environnement.</span></span></p>
<p><span style="font-size: medium; font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;">S&rsquo;il s&rsquo;avérait impossible de supprimer les marées vertes en réduisant le flux de nitrates, ce serait une très mauvaise nouvelle, mais l&rsquo;information serait capitale. On saurait que les marées vertes ne peuvent pas être vaincues comme ça, autrement dit que la réduction du flux de nitrates n&rsquo;a pas permis de contrôler l&rsquo;eutrophisation &nbsp;&raquo;de manière efficace&nbsp;&raquo;.</span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Au contraire, si l&rsquo;opération permet de contrôler les nitrates, le résultat permettrait de valider ou d&rsquo;ajuster si nécessaire le modèle utilisé, ce qui serait fondamental pour tous ceux qui sont impliqués dans les efforts pour diminuer les flux de nitrates.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Dans le cas du Yar, le débit moyen en juin est d&rsquo;environ 400 litres/s ; s&rsquo;il est dit qu&rsquo;il faut diminuer le flux de nitrates de 50 ou de 75%, il faudra capter 200 ou 300 litres/s, et la limite de l&rsquo;estran, qui correspond à peu près aux limites naturelles de la baie, est à environ 2 kilomètres. Passer une tuyau de 50cm de diamètre sur 2 kilomètres de sable n&rsquo;est pas une opération anodine, mais n&rsquo;est pas non plus un exploit.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Dans la mesure où on ne capterait pas la totalité du débit, le passage des poissons diadromes, c&rsquo;est-à-dire passant de l&rsquo;eau de mer à l&rsquo;eau douce ou inversement, serait préservé. Sur la plage, on aurait simplement un étiage plus marqué que d&rsquo;habitude. Il conviendrait, bien sûr, d&rsquo;éviter de placer la sortie de l&rsquo;émissaire trop près d&rsquo;une zone susceptible de souffrir d&rsquo;une dessalure, même faible.</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="sdfootnote1">
<p><a href="#sdfootnote1anc" name="sdfootnote1sym">1</a><span style="font-size: small;"> Le Yar, rivière considérée comme responsable des marées vertes en baie de St-Michel-en-Grève, a une caractéristique originale : les taux de nitrates sont plus élevés en été, à l&rsquo;étiage, qu&rsquo;en hiver. C&rsquo;est l&rsquo;inverse du cas général. L&rsquo;explication tiendrait au rôle de la nappe phréatique, plus riche en nitrates en profondeur que près de la surface ; en hiver, le dessus, plus pauvre, de la nappe alimente la rivière, alors que c&rsquo;est du dessous, plus riche, que viennent les apports estivaux.</span></p>
<p><span style="font-size: small;"> Ce qui expliquerait le manque de réponse des taux de nitrates aux efforts effectués sur le bassin versant depuis des années.</span></p>
</div>
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		<title>Les perspectives: c&#8217;est pas gagné!</title>
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		<pubDate>Fri, 18 Oct 2013 08:26:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Pierre Aurousseau, président du Conseil scientifique de l&#8217;environnement en Bretagne (CSEB)1, (Conseil qui est à l&#8217;origine d&#8217;un communiqué en septembre 2009 demandant l&#8217;application du principe pollueur-payeur), constate qu&#8217;au rythme des progrès actuels (2,3 mg/l , dit-il ), il faudra encore 20 ans pour avoir un résultat. Il regrette que le Plan algues vertes n&#8217;agisse que [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Pierre Aurousseau, président du Conseil scientifique de l&rsquo;environnement en Bretagne (<a href="http://www.cseb-bretagne.fr/index.php/Littoral/Marees-vertes.html" target="_blank">CSEB</a>)</span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote1sym" name="sdfootnote1anc"><sup>1</sup></a></span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">, (Conseil qui est à l&rsquo;origine d&rsquo;un <a href="http://www.cseb-bretagne.fr/index.php?option=com_remository&amp;Itemid=28&amp;func=fileinfo&amp;id=73" target="_blank">communiqué</a> en septembre 2009 demandant l&rsquo;application du principe pollueur-payeur), constate qu&rsquo;au rythme des progrès actuels (2,3 mg/l , dit-il ), il faudra encore 20 ans pour avoir un résultat. Il regrette que le Plan algues vertes n&rsquo;agisse que sur des leviers secondaires et ne s&rsquo;attaque pas à la vraie question du volume de production animale. </span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Ceci attire deux remarques ; on peut d&rsquo;une part se demander si c&rsquo;est bien le rôle d&rsquo;un conseil scientifique de réclamer des sanctions financières, et s&rsquo;il n&rsquo;est pas sorti de son rôle de conseil par ce communiqué. On peut aussi se demander s&rsquo;il a revu sa position au vu du rapport d&rsquo;arbitrage.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">D&rsquo;autre part, espérer que les progrès continueront dans l&rsquo;avenir à un rythme annuel de 2,3 mg/ litre semble singulièrement optimiste : rien ne permet d&rsquo;affirmer que les progrès seront linéaires. Bien au contraire, la simulation faite sur le cas du Yar (figure page 35) montre que la décroissance est de plus en plus lente et semble même asymptotique.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">A propos du principe pollueur-payeur, compte-tenu du rôle de l&rsquo;Europe et du gouvernement dans l&rsquo;évolution de l&rsquo;agriculture française en général, et bretonne en particulier, appliquer ce principe serait profondément injuste, hors cas de mauvaise foi ou de fraude manifeste.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Une fois les taux revenus sous la barre des 50mg/l, (ce qui est le cas de 94% des rivières bretonnes aujourd&rsquo;hui, (ou même proches de la valeur-guide de 25 mg/l), il se trouvera d&rsquo;un côté des agriculteurs vivant et travaillant sur un bassin versant &nbsp;&raquo;normal&nbsp;&raquo;, et de l&rsquo;autre des agriculteurs vivant et travaillant sur un bassin versant dit &nbsp;&raquo;vulnérable&nbsp;&raquo; à cause des marées vertes. Les uns et les autres travaillant de la même manière, faudrait-il que les uns payent et les autres pas, simplement parce que leurs rejets n&rsquo;ont pas le même impact 5, 20 ou 50 kilomètres en aval ?</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Le rôle du site est primordial, et si l&rsquo;on revient au cas de la Lieue de Grève, il se trouve que le Yar n&rsquo;a jamais été une rivière très chargée en nitrates, (elle est entre 25 et 30 mg/l depuis des années), et c&rsquo;est quand même le site le plus touché par les marées vertes ; les agriculteurs qui vivent en amont de ce site en sont-ils responsables ?</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="http://www.eau-et-rivieres.asso.fr/index.php?100/562" target="_blank">Eaux et Rivières</a> de Bretagne réclame de son côté l&rsquo;abandon du &nbsp;&raquo;modèle agricole productiviste breton&nbsp;&raquo;. Ont-ils comme modèle Henry D. Thoreau</span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote2sym" name="sdfootnote2anc"><sup>2</sup></a></span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"> qui dans &nbsp;&raquo;Walden&nbsp;&raquo; dénonce la traction attelée comme non rentable et lui préfère le travail humain ?</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Thierry Burlot, vice-président du conseil régional de Bretagne chargé de l&rsquo;environnement leur répond avec une certaine lucidité que ce serait difficile, compte-tenu de la vocation exportatrice de l&rsquo;agriculture et de l&rsquo;agroalimentaire breton</span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote3sym" name="sdfootnote3anc"><sup>3</sup></a></span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">, et que réussir à diminuer les taux de 30% serait déjà un beau succès.</span></span></p>
<p><span style="font-size: medium; font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;">Il est vrai que supprimer l&rsquo;agriculture bretonne comme le suggère le modèle testé pour le Yar serait un vrai succès pour les chantres de la décroissance. Thierry Burlot, lui, doit tenir compte du fait que quand une exploitation agricole disparaît, disparaissent avec elle des emplois directs, des emplois dans les usines en amont et en aval. Si la production diminue, que ce soit par fermeture d&rsquo;exploitations ou par changement des pratiques, les emplois induits diminueront aussi ; c&rsquo;est peut-être inéluctable, mais cela risque d&rsquo;engendrer une grave crise sociale dans le contexte économique actuel !</span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Il y a des chances pour que la baisse des taux de nitrates porte ses fruits sur les sites les moins &nbsp;&raquo;sensibles&nbsp;&raquo; pour reprendre la terminologie de l&rsquo;IFREMER, peut-être est-ce déjà le cas à Erquy</span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote4sym" name="sdfootnote4anc"><sup>4</sup></a></span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"> ? Mais on voit bien aussi qu&rsquo;elle sera insuffisante sinon totalement inefficace sur les sites les plus sensibles, qui se trouvent évidemment aussi être les plus touchés, et les plus emblématiques.</span></span></p>
<p><span style="font-size: medium; font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;">Pierre Aurousseau a partiellement raison, et le <a href="http://www.bretagne.fr/internet/upload/docs/application/pdf/2012-03/rapport_algues_vertes_sans_couverture_v2.pdf" target="_blank">CESER</a> le dit aussi : dans la situation actuelle, le respect des taux de nitrates imposés tant par la Directive Européenne que par le Code de l&rsquo;Environnement serait tout à fait insuffisant pour enrayer les marées vertes. Mais en réalité, les textes exigent que, quels que soient les taux de nitrates, les efforts soient maintenus sur les masses d&rsquo;eau qui &nbsp;&raquo;ont subi (ou risquent de subir ) une eutrophisation susceptible d&rsquo;être combattue de manière efficace par une réduction des apports en azote&nbsp;&raquo;. En fait la <a title="La Loi" href="http://ysergent.fr/WordPress3/2013/10/la-loi/">réglementation</a> est extrêmement ambitieuse (tant qu&rsquo;il y a eutrophisation, il faut prendre des mesures), mais pas très contraignante (les mesures ne sont pas définies).</span></p>
<p><span style="font-size: medium; font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;">On peut dire qu&rsquo;elle traduit la recherche d&rsquo;équilibre entre les écologistes et leurs aspirations de pureté, et la réalité prégnante des besoins alimentaires et économiques,.</span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">La rivière Yar par exemple est potable depuis très longtemps au titre des taux de nitrates, mais ça ne suffit absolument pas. Même dans le scénario de l&rsquo;<a title="Actions préventives: plan, coût et limites" href="http://ysergent.fr/WordPress3/2013/10/actions-preventives-plan-cout-et-limites/">abandon total</a> de l&rsquo;agriculture sur tout le bassin versant du Yar</span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote5sym" name="sdfootnote5anc"><sup>5</sup></a></span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">, il faut plusieurs années pour revenir sous 10 mg/litre, taux qu&rsquo;Alain Menesguen considère comme la limite à partir de laquelle on peut espérer commencer à avoir des résultats. Pour mémoire, il s&rsquo;agit là de concentrations de l&rsquo;ordre de celles qu&rsquo;on rencontre dans les eaux en bouteille vendues en France. On trouve des bouteilles d&rsquo;eau de source avec des taux de nitrates garantis inférieurs à 8 mg/l, il faut bien prendre conscience que <strong>si on remplaçait l&rsquo;eau de la rivière par cette eau en bouteille, on aurait encore des marées vertes !</strong></span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Et disant cela, A. Menesguen est optimiste : il faut se souvenir que les premières marées vertes sont signalées dès 1924, que dès 1952 des marées vertes sont visibles sur les photos aériennes des sites classés comme étant les plus sensibles, que dès 1968, la situation est grave à St Michel-en-Grève, alors que les taux moyens de nitrates des rivières bretonnes ne dépassent 5 mg/l qu&rsquo;en 1972 ! Encore les phosphates n&rsquo;étaient-ils pas aussi abondants dans le sédiment qu&rsquo;ils le sont aujourd&rsquo;hui ! Or rien ne permet d&rsquo;affirmer que ce n&rsquo;étaient pas les phosphates qui étaient limitants pendant la première moitié du XX</span></span><sup><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">ème</span></span></sup><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"> siècle.</span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote6sym" name="sdfootnote6anc"><sup>6</sup></a> Et rien ne permet d&rsquo;affirmer que les cyanobactéries ne vont pas venir perturber la situation quand les taux de nitrates auront baissé, mais qu&rsquo;il restera des quantités de phosphates importantes dans le sédiment.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Même si toutes les limites sont respectées, le phénomène marées vertes ne disparaîtra pas, donc le fameux alinéa 3 de la Directive Européenne (qui a servi de modèle à l&rsquo;article du Code de l&rsquo;Environnement évoqué dans l&rsquo;article consacré à la loi et qui définit comme eaux à surveiller celles qui subissent ou risquent de subir une eutrophisation), pourra être invoqué très longtemps par l&rsquo;Europe pour poursuivre la France devant la Cour de justice de l&rsquo;Union Européenne.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">La France avait déjà été condamnée en mars 2007 au titre de la Directive de 1975 sur la qualité des eaux de surface et profondes utilisées en vue de la production d&rsquo;eau potable ; des mesures prises rapidement sur les 9 prises d&rsquo;eau qui restaient non conformes avaient permis la suspension par la Commission Européenne de la décision de traduire la France devant la <a href="http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/06/13/l-europe-condamne-la-france-pour-ses-eaux-polluees_3429170_3244.html" target="_blank">Cour de Justice Européenne</a></span></span></p>
<p><span style="font-size: medium; font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;">Puis, dans le cadre de cette Directive de 1991, et à la suite d&rsquo;une mise en garde en octobre 2011, la Commission Européenne (à l&rsquo;initiative des Verts) a traduit en février 2012 la France devant la Cour de justice de l&rsquo;Union Européenne, jugeant insuffisants les plans d&rsquo;action mis en place pour lutter contre les rejets de nitrates dans les eaux de surface. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;obligation de moyens mais la commission se réserve le droit de juger des moyens mis en œuvre !</span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><b>Il est tout à fait remarquable que l&rsquo;Europe traduise la France devant la Cour de Justice de l&rsquo;Union Européenne, alors que les politiques européennes depuis 50 ans dans le domaine des prix et des subventions agricoles d&rsquo;une part, et dans le choix d&rsquo;accepter l&rsquo;importation de soja américain d&rsquo;autre part, ont une lourde part de responsabilité dans l&rsquo;évolution de notre agriculture.</b></span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Voila ce qu&rsquo;en dit André Pochon, agriculteur favorable à un retour à l&rsquo;herbe comme base de l&rsquo;alimentation animale</span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote7sym" name="sdfootnote7anc"><sup>7</sup></a></span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"> :</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><i>Alors pourquoi ce développement équilibré, à forte valeur ajoutée, qui a sorti l&rsquo;agriculture française de son état de sous-développement bascule-t-il brutalement à la fin des années soixante dans le productivisme ?&#8230;..</i></span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><i>Le tissu rural s&rsquo;appauvrit et les pollutions apparaissent par les nitrates, les pesticides, et le saccage des talus, des haies, des zones humides. Car les nouvelles techniques mises en œuvre sont la culture du maïs-fourrage et l&rsquo;importation de soja pour nourrir les vaches, l&rsquo;élevage industriel des porcs sur lisier ; finie l&rsquo;herbe, la porcherie danoise fait place à la porcherie hollandaise, fini l&rsquo;élevage lié au sol. Ces aliments sont importés au prix mondial cependant que la viande et le lait produits avec ces aliments sont payés à l&rsquo;éleveur au prix garanti européen, le double du prix mondial ! Le budget européen paie la différence : c&rsquo;est l&rsquo;effet pervers de la Politique agricole commune ( PAC ) signée par 6 pays européens en janvier 1963&#8230;..</i></span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Pierre Lelong</span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote8sym" name="sdfootnote8anc"><sup>8</sup></a></span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"> , pas vraiment militant écologiste, fait une analyse assez proche, et après avoir souligné la responsabilité des négociateurs français dans le résultat des discussions, explique:</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><i>Plus grave encore, l&rsquo;accès libre du soja américain, plus tard brésilien, au marché communautaire, était une concession dont la portée n&rsquo;avait pas été mesurée. Elle ne bénéficiait pas seulement aux États-Unis, mais aussi à nos partenaires néerlandais, qui par Rotterdam importaient et trituraient les grains de soja. La combinaison soja-maïs pour l&rsquo;alimentation du bétail allait développer l&rsquo;élevage intensif et décourager l&rsquo;utilisation de nos vastes espaces herbagers, sauf à les reconvertir en cultures céréalières. Importé au prix mondial, le soja allait être associé à du maïs payé par l&rsquo;éleveur aux prix européens : ainsi, l&rsquo;unité fourragère resterait pour celui-ci d&rsquo;un coût nettement plus élevé que pour l&rsquo;éleveur américain ou australien. La production de protéines fourragères indigènes, telles la luzerne, allait être découragée. La production laitière intensive serait avantagée par rapport à celle de viande bovine de qualité, et les nuisances sur l&rsquo;environnement encouragées.</i></span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">La France a toujours fait partie de l&rsquo;Europe, et n&rsquo;en est pas qu&rsquo;une victime ! Elle a aussi sa part de responsabilité, comme le souligne Pierre Lelong, visant tant les négociateurs que certains ministres qui n&rsquo;avaient aucune connaissance du monde agricole et de son économie. Il égratigne en particulier Edgar Faure, dont la réputation semblait le destiner plus à la gestion des girouettes ou des éoliennes, pas encore à la mode, qu&rsquo;au Ministère de l&rsquo;Agriculture. Mais quand il faudra défendre la France devant la Cour de Justice Européenne, il ne faudra pas manquer de rappeler que toute cette évolution de l&rsquo;agriculture ne s&rsquo;est pas faite sans l&rsquo;Europe, même si les gouvernements français successifs y ont tous eu aussi un rôle.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><b>Les efforts à faire pour arriver à des taux de nitrates permettant peut-être de diminuer les marées vertes sont considérables. Les décideurs politiques sont pris en tenaille entre d&rsquo;une part l&rsquo;activité touristique, les écologistes et l&rsquo;Europe et d&rsquo;autre part la nécessité de ne pas pénaliser, pour un résultat qui reste hypothétique, la production agricole dans un contexte économique et social difficile. Il ne s&rsquo;agit pas seulement d&rsquo;un lobby contre un autre.</b></span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Les juges quant à eux n&rsquo;ont pas à tenir compte des impératifs auxquels sont soumis les politiques. Ils font appliquer la Loi. En avril 2013, le tribunal administratif condamne l’État à verser 7 millions d&rsquo;Euros au département des Côtes d&rsquo;Armor en dédommagement des dépenses engagées pour ramasser les algues vertes. On peut considérer que l’État a sa part de responsabilité dans la situation actuelle, et le département des Côtes d&rsquo;Armor n&rsquo;est pas très riche, la décision ne paraît pas choquante.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Mais la décision est motivée par le retard de l’État dans la transposition de la Directive Européenne en droit français et la carence dans l&rsquo;application de la réglementation des installations classées, qui ont entraîné des &nbsp;&raquo;apports excessifs de nitrates d&rsquo;origine agricole dans les cours d&rsquo;eau&nbsp;&raquo;.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Et les juges appuient leur décision sur &nbsp;&raquo;un lien direct et certain de cause à effet entre ces carences fautives de l’État et le dommage que constitue la pollution par les masses d&rsquo;algues vertes&nbsp;&raquo;.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Les juges ont-ils lu le rapport d&rsquo;arbitrage rendu en 2012 par Bernard Chevassus-au-Louis ? Il semble que non.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">La décision de faire payer l’État est sans doute la bonne, mais pas au nom d&rsquo;un lien &nbsp;&raquo;direct et certain de cause à effet&nbsp;&raquo; : la réglementation installations classées, même mise en œuvre plus tôt et de manière plus ferme n&rsquo;aurait jamais eu d&rsquo;effet sur les marées vertes des deux grandes baies des Côtes d&rsquo;Armor et est, comme il a été dit et répété par exemple par le CESER, tout à fait insuffisante pour atteindre la disparition des marées vertes.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Au vu du rapport d&rsquo;arbitrage, ce jugement pourrait certainement être cassé, mais quel intérêt ?</span></span></p>
<div id="sdfootnote1">
<p><a href="#sdfootnote1anc" name="sdfootnote1sym">1</a><span style="font-size: small;"> voir le Télégramme du 22 mars 2013</span></p>
</div>
<div id="sdfootnote2">
<p><a href="#sdfootnote2anc" name="sdfootnote2sym">2</a>Henry David Thoreau (1817-1862) figure de la pensée écologiste. &nbsp;&raquo;Walden ou la vie dans les bois&nbsp;&raquo; p. 68</p>
</div>
<div id="sdfootnote3">
<p><a href="#sdfootnote3anc" name="sdfootnote3sym">3</a>L&rsquo;agriculture bretonne emploie encore 68000 personnes (53000 UTA ou Unité de Travail Agricole, parce qu&rsquo;il y a une part de main d’œuvre temporaire), et les industries agroalimentaires emploient 69000 personnes, soit un tiers de l&rsquo;emploi industriel en Bretagne. Et il faudrait compter en plus les fabricants de matériel d&rsquo;élevage, et tous les emplois induits par ce total agriculture + agroalimentaire.</p>
</div>
<div id="sdfootnote4">
<p><a href="#sdfootnote4anc" name="sdfootnote4sym">4</a>Erquy n&rsquo;a plus d&rsquo;échouages depuis 2006</p>
</div>
<div id="sdfootnote5">
<p><a href="#sdfootnote5anc" name="sdfootnote5sym">5</a>Voir figure page 27</p>
</div>
<div id="sdfootnote6">
<p><a href="#sdfootnote6anc" name="sdfootnote6sym">6</a>Toute la lutte contre les nitrates a comme base la modélisation. Elle a sûrement été faite le mieux possible à la fois par l&rsquo;IFREMER et le CEVA, mais ce n&rsquo;est qu&rsquo;une modélisation. On ne met pas encore de passagers dans un avion lors de son premier vol d&rsquo;essai.</p>
</div>
<div id="sdfootnote7">
<p><a href="#sdfootnote7anc" name="sdfootnote7sym">7</a><span style="font-size: small;"> &nbsp;&raquo;Les marées vertes tuent aussi&nbsp;&raquo; , A. Ollivro et Y.M. Le Lay </span></p>
</div>
<div id="sdfootnote8">
<p><a href="#sdfootnote8anc" name="sdfootnote8sym">8</a><span style="font-size: small;"> &nbsp;&raquo;Une expérience française&nbsp;&raquo; Pierre Lelong</span></p>
</div>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;arbitrage, ou le rapport &#171;&#160;Chevassus&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Fri, 18 Oct 2013 08:00:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[La controverse présentée par ailleurs, et la fragilité de la démonstration de la responsabilité des nitrates dans la production des marées vertes ont conduit certains responsables agricoles, avec l&#8217;appui scientifique de l&#8217;Institut Scientifique et Technique de l&#8217;Environnement (ISTE) à remettre cette responsabilité en cause, et tout le plan de lutte contre les algues vertes avec. [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">La controverse présentée par ailleurs, et la fragilité de la démonstration de la responsabilité des nitrates dans la production des marées vertes ont conduit certains responsables agricoles, avec l&rsquo;appui scientifique de l&rsquo;Institut Scientifique et Technique de l&rsquo;Environnement (<a href="http://www.institut-environnement.fr/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=47:les-marees-vertes-en-bretagne&amp;catid=34:lastnewsmareesvertes&amp;Itemid=37" target="_blank">ISTE</a>) à remettre cette responsabilité en cause, et tout le plan de lutte contre les algues vertes avec. Cela s&rsquo;est traduit par des articles dans la presse, mais aussi par des contacts avec des responsables politiques pour leur demander l&rsquo;annulation du plan.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">A la suite de ces demandes, et au vu de l&rsquo;exaspération d&rsquo;une grande partie du monde agricole, lassé d&rsquo;être montré du doigt, et des associations environnementales, de plus en plus remontées, à la suite surtout des interventions et prises de position de l&rsquo;ISTE</span></span><sup><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote1sym" name="sdfootnote1anc"><sup>1</sup></a></span></span></sup><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">, un bilan a été </span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">d</span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">emandé, par les ministres de l&rsquo;Agriculture et de l&rsquo;Environnement, au CGEDD </span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote2sym" name="sdfootnote2anc"><sup>2</sup></a></span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"> et au CGAAER</span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote3sym" name="sdfootnote3anc"><sup>3</sup></a></span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">. </span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><i>(<a href="http://www.cgedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/007942-01_rapport_cle2e3e51.pdf" target="_blank">Rapport &laquo;&nbsp;Chevassus&nbsp;&raquo;</a>)</i></span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><i><a href="#sdfootnote4sym" name="sdfootnote4anc"><sup>4</sup></a></i></span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Le rapport affirme que les apports de nutriments liés à l&rsquo;activité humaine sont responsables de l&rsquo;importance des marées vertes, précise que, compte-tenu des apports de phosphates très importants qui ont eu lieu dans le passé, les nitrates ne sauraient être tenus pour seuls responsables, que par conséquent, les agriculteurs ne doivent pas être tenus comme seuls responsables. Et il conclut au bien-fondé de la réduction des flux d&rsquo;azote d&rsquo;origine agricole, seul outil disponible.</span></span></p>
<p align="LEFT"><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Il souligne au passage qu&rsquo;il est inutile d&rsquo;essayer d’établir des corrélations entre tel ou tel facteur et les quantités d&rsquo;algues ramassées ou observées.</span></span><sup><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote5sym" name="sdfootnote5anc"><sup>5</sup></a></span></span></sup></p>
<p align="LEFT"> <strong><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Autrement dit, il explique avec beaucoup de diplomatie que la thèse soutenue par l&rsquo;<a href="http://archimer.ifremer.fr/doc/2003/rapport-143.pdf" target="_blank">IFREMER</a> ne tient pas la route, mais qu&rsquo;il faut quand même faire baisser les taux de nitrates, parce qu&rsquo;on n&rsquo;a pas d&rsquo;autre moyen d&rsquo;action contre les marées vertes.</span></span></strong></p>
<p align="LEFT"> <span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Que les agriculteurs ne soient pas seuls responsables veut dire que nous sommes tous responsables.</span></span></p>
<p align="LEFT"> <span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Nous sommes tous responsables d&rsquo;abord parce que les apports de phosphates ont été importants jusqu&rsquo;à la fin des années 90, et que la part agricole n&rsquo;était pas à l&rsquo;époque la plus importante. On pourrait ajouter que nous sommes responsables aussi parce que les agriculteurs ont été conduits par de nombreux acteurs économiques dans la voie qu&rsquo;ils ont prise, et n&rsquo;en sont donc pas seuls responsables. Il est clair en particulier que la politique agricole commune a joué un rôle clé dans cette évolution.</span></span></p>
<p align="LEFT"> <span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Nous sommes tous responsables, mais le seul levier d&rsquo;action envisageable à ce jour, ce serait la lutte contre les nitrates, et donc nous demandons des efforts aux agriculteurs, ils sont les seuls à pouvoir faire quelque chose !</span></span></p>
<p align="LEFT"> <span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Cette présentation de la situation est quand même très différente de celle qui a prévalu jusqu&rsquo;ici, et, contrairement à ce qui est dit et répété en particulier dans le <a href="http://www.cseb-bretagne.fr/index.php?option=com_remository&amp;Itemid=28&amp;func=fileinfo&amp;id=73" target="_blank">communiqué</a> du Conseil Scientifique de l&rsquo;Environnement de Bretagne en 2009, il n&rsquo;est plus question de faire payer les agriculteurs au nom du principe pollueur-payeur : c&rsquo;est à nous tous de payer, puisque nous sommes tous responsables.</span></span></p>
<p> <span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs ce qui est mis en place dans les chartes ou les contrats de bassins versants qui ont été signés.</span></span></p>
<p><span style="font-size: medium; font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;">Outre ce constat, le rapport d&rsquo;arbitrage propose des pistes de recherche, en particulier :</span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">- affiner le rôle de l&rsquo;azote et du phosphore à la période sensible</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">- mieux connaître le rôle du sédiment dans le piégeage et le relargage de l&rsquo;azote et du phosphore</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">- affiner le modèle utilisé pour estimer les marges d&rsquo;incertitude (importantes pour évaluer l&rsquo;efficacité des efforts sur les taux) et pour mieux connaître l&rsquo;évolution pluriannuelle</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Il insiste ensuite fortement sur l&rsquo;importance d&rsquo;ouvrir la recherche aux sciences de l&rsquo;homme et de la société pour travailler sur l&rsquo;accompagnement du plan gouvernemental. C&rsquo;est à dire qu&rsquo;il souligne le poids des efforts demandés aux agriculteurs et insiste sur la nécessité d&rsquo;accompagner ces hommes et ces femmes dans une mutation dont l&rsquo;importance n&rsquo;est plus niée.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Et il ajoute que le rapport n&rsquo;avait pas pour objet de proposer un savoir nouveau ou de nouvelles décisions à prendre. Ce qui peut être entendu comme une ouverture à l&rsquo;idée qu&rsquo;on pourrait chercher d&rsquo;autres solutions, et ne pas se cantonner à la lutte contre les nitrates</span></span></p>
<div id="sdfootnote1">
<p><a href="#sdfootnote1anc" name="sdfootnote1sym">1</a>Extraits de la lettre de mission envoyés aux rédacteurs de ce rapport : &#8230;Pourtant ces conclusions scientifiques sont aujourd&rsquo;hui contestées par certains opposants parmi lesquels figure l&rsquo;association « institut de l&rsquo;environnement » (ISTE). Ce dernier conteste le lien entre l&rsquo;azote et les marées vertes&#8230;. Dans la mesure où les propos tenus par l&rsquo;ISTE constituent une entrave à la mise en œuvre du plan gouvernemental&#8230;</p>
</div>
<div id="sdfootnote2">
<p><a href="#sdfootnote2anc" name="sdfootnote2sym">2</a><span style="font-size: small;"> Conseil général de l&rsquo;environnement et du développement durable Ministère de l’Écologie&#8230;.</span></p>
</div>
<div id="sdfootnote3">
<p><a href="#sdfootnote3anc" name="sdfootnote3sym">3</a><span style="font-size: small;"> Conseil Général de l&rsquo;alimentation, de l&rsquo;agriculture et des espaces ruraux Ministère de l&rsquo;Agriculture&#8230;.</span></p>
</div>
<div id="sdfootnote4">
<p><a href="#sdfootnote4anc" name="sdfootnote4sym">4</a><span style="font-size: small;"> &nbsp;&raquo;La conclusion du rapport rappelle les fondements scientifiques et techniques du plan d&rsquo;action </span><span style="font-size: small;">gouvernemental, centré sur la réduction des flux d&rsquo;azote d&rsquo;origine agricole. Elle en confirme le bien-fondé, à la lumière de l&rsquo;analyse réalisée par la mission.</span></p>
<p align="LEFT"><span style="font-size: small;"> Elle souligne également que les caractéristiques de la situation bretonne actuelle, et notamment les accumulations importantes de phosphore en zone littorale – qui alimentent les ulves et expliquent le caractère inopérant d’une action éventuelle sur les flux de cet élément – résulte de l’action de multiples acteurs pendant plusieurs décennies. La responsabilité de cette situation ne saurait donc être imputée aux seuls agriculteurs d’aujourd’hui.</span></p>
<p align="LEFT"><span style="font-size: small;"> Enfin, la mission insiste sur la nécessité de poursuivre les efforts d’information et de communication vis-a-vis de l’ensemble des acteurs et de s’inscrire dans une stratégie a long terme visant a offrir des perspectives positives a l’ensemble de ces acteurs.&nbsp;&raquo; </span><span style="font-size: small;"><i> Rapport CGEDD et CGAAER.</i></span><span style="font-size: small;"><i>Chevassus-au-Louis et al</i></span></p>
<p align="LEFT">
</div>
<div id="sdfootnote5">
<p><a href="#sdfootnote5anc" name="sdfootnote5sym">5</a><span style="font-size: small;"> &nbsp;&raquo;L’étude empirique de la relation entre les marées vertes et un seul paramètre (par exemple les flux </span><span style="font-size: small;">d’azote ou de phosphore), en comparant différentes situations géographiques, conduira le plus souvent à des relations faibles ou nulles mais qui ne constituent pas des « incohérences » et ne peuvent servir d’argument scientifique pour nier l’effet de ce paramètre.&nbsp;&raquo;</span><span style="font-size: small;"><i>Rapport CGEDD et CGAAER.</i></span><span style="font-size: small;"><i>Chevassus-au-Louis et al</i></span></p>
</div>
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		</item>
		<item>
		<title>La controverse: tentative de décorticage!</title>
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		<pubDate>Fri, 18 Oct 2013 07:47:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Qui croire ? Ce sont tous des professionnels dont la bonne foi ne peut être remise en cause. Il faut aller plus loin. Il y a des faits surprenants : en juin 99, l&#8217;IFREMER, (Merceron M.) publie un rapport de synthèse sur l&#8217;année 98, en s&#8217;appuyant sur les données de 97 et 98 pour toute la Bretagne, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Qui croire ? Ce sont tous des professionnels dont la bonne foi ne peut être remise en cause. Il faut aller plus loin.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Il y a des faits surprenants : en juin 99, l&rsquo;IFREMER, (Merceron M.) publie un <a href="http://archimer.ifremer.fr/doc/1999/rapport-2665.pdf" target="_blank">rapport</a> de synthèse sur l&rsquo;année 98, en s&rsquo;appuyant sur les données de 97 et 98 pour toute la Bretagne, d&rsquo;où il ressort qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de lien entre les apports de nitrates en fin de printemps-début d&rsquo;été et les tonnages d&rsquo;ulves ramassées. La démonstration est convaincante : au niveau breton, bien que le flux d&rsquo;azote ait augmenté de 240%, le tonnage ramassé a diminué de 10%. </span></span> <span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Et les &nbsp;&raquo;indices de sensibilité&nbsp;&raquo;, (c&rsquo;est à dire la quantité d&rsquo;ulves ramassées (ou observées), divisée par la quantité théoriquement permise par les apports d&rsquo;azote), varient d&rsquo;un site à l&rsquo;autre et d&rsquo;une année à l&rsquo;autre dans des proportions très importantes comme le montre le tableau suivant, la suite de celui qui a été présenté par <a title="Le site" href="http://ysergent.fr/WordPress3/2013/10/le-site/" target="_blank">ailleurs</a>.</span></span></p>
<dl>
<dd>
<table width="376" border="1" cellspacing="0" cellpadding="4">
<colgroup>
<col width="129" />
<col width="111" />
<col width="110" /> </colgroup>
<tbody>
<tr valign="TOP">
<th width="129"><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;">Anse, baie</span></th>
<th width="111"><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;">Sensibilité 1997</span></th>
<th width="110"><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;">Sensibilité 1998</span></th>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="129"></td>
<td width="111">
<p align="CENTER"><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">(%)</span></span></p>
</td>
<td width="110">
<p align="CENTER"><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">(%)</span></span></p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="129"><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><b>Lancieux</b></span></span></td>
<td width="111">
<p align="RIGHT"><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><b>7,0</b></span></span></p>
</td>
<td width="110">
<p align="RIGHT"><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><b>38,0</b></span></span></p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="129"><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Arguenon</span></span></td>
<td width="111">
<p align="RIGHT"><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">1,2</span></span></p>
</td>
<td width="110">
<p align="RIGHT"><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">0,7</span></span></p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="129"><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><b>La Fresnaye</b></span></span></td>
<td width="111">
<p align="RIGHT"><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><b>59,1</b></span></span></p>
</td>
<td width="110">
<p align="RIGHT"><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><b>44,9</b></span></span></p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="129"><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">St Brieuc</span></span></td>
<td width="111">
<p align="RIGHT"><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">15,4</span></span></p>
</td>
<td width="110">
<p align="RIGHT"><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">5,2</span></span></p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="129"><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><b>Lannion</b></span></span></td>
<td width="111">
<p align="RIGHT"><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><b>57,3</b></span></span></p>
</td>
<td width="110">
<p align="RIGHT"><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><b>44,1</b></span></span></p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="129"><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Locquirec</span></span></td>
<td width="111">
<p align="RIGHT"><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">29,4</span></span></p>
</td>
<td width="110">
<p align="RIGHT"><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">5,2</span></span></p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="129"><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><b>Dossen-Guillec</b></span></span></td>
<td width="111">
<p align="RIGHT"><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><b>0,9</b></span></span></p>
</td>
<td width="110">
<p align="RIGHT"><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><b>0,7</b></span></span></p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="129"><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Guissény</span></span></td>
<td width="111">
<p align="RIGHT"><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">9,1</span></span></p>
</td>
<td width="110">
<p align="RIGHT"><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">5,8</span></span></p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="129"><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Douarnenez</span></span></td>
<td width="111">
<p align="RIGHT"><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">27,5</span></span></p>
</td>
<td width="110">
<p align="RIGHT"><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">6.2</span></span></p>
</td>
</tr>
<tr valign="TOP">
<td width="129"><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><b>La Forêt</b></span></span></td>
<td width="111">
<p align="RIGHT"><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><b>52,8</b></span></span></p>
</td>
<td width="110">
<p align="RIGHT"><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><b>6,4</b></span></span></p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
</dd>
</dl>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"> Sensibilité relative des sites aux apports d&rsquo;azote </span></span></p>
<address><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"> <i>Les apports d&rsquo;azote pris en compte sont ceux de 5 semaines centrées sur juin</i></span></span></address>
<address><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><i> Le taux de matière sèche est fixé à <span style="color: #ff0000;">2,8 %</span> (!), le pourcentage d&rsquo;azote à 2,5 %</i></span></span></address>
<address><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><i> La production est le plus élevé des tonnages observé et ramassé </i><i>(d&rsquo;après Merceron, 1999)</i></span></span></address>
<p>  <span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">S&rsquo;il apparaît que les sites les plus sensibles restent les mêmes (La Fresnaye et Lannion), que les sites vraiment résistants restent les mêmes (Dossen-Guillec), les sites intermédiaires subissent des changements importants : à Lancieux, l&rsquo;indice passe de 7% à 38%, donc est multiplié par plus de 5 pendant qu&rsquo;à La Forêt-Fouesnant, il passe de 52,8% à 6,4%, donc est divisé par plus de 8.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">On remarque d&rsquo;abord que le taux de matière sèche retenu est toujours de 2,8% c&rsquo;est à dire près de 4 fois inférieur à la réalité, ce qui signifie qu&rsquo;il y a des sites sur lesquels la production d&rsquo;ulves est largement supérieure à ce que laissent prévoir les flux de nitrates.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><b>Trois mois plus tard</b>, en septembre 99 , le même auteur fait dans un colloque un &nbsp;&raquo;<a href="http://archimer.ifremer.fr/doc/1999/acte-46.pdf" target="_blank">État actuel des connaissances</a>&nbsp;&raquo; où il présente les résultats de l&rsquo;étude de 95 sur la baie de St Brieuc (qu&rsquo;on vient d&rsquo;évoquer) pour démontrer la corrélation entre flux de nitrates en juin et ulves observées. </span></span> <span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">On peut faire deux remarques sur cette publication :</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">-Elle sort trois mois après celle, du même auteur, du même organisme, qui montre le contraire, sans aucune explication.</span></span></p>
<p><span style="font-size: medium; font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;">-L&rsquo;étude sur la baie de St Brieuc date de 95, la dernière année prise en compte est 92 et les résultats des années écoulées depuis (93 à 98) n&rsquo;ont pas été intégrés dans la publication de 99, de même qu&rsquo;ils ne le seront pas, 4 ans plus tard quand cette étude sera utilisée de nouveau dans la publication citée pour démontrer &nbsp;&raquo;la <a href="http://archimer.ifremer.fr/doc/2003/rapport-143.pdf" target="_blank">responsabilité du nitrate</a>&nbsp;&raquo; . </span></p>
<p><span style="font-size: medium; font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;">Or si on incorpore dans le diagramme les valeurs de 1997 et 1998 (Merceron M. 1999), voilà ce qu&rsquo;on observe:</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://ysergent.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2013/10/biomasse-nitrates2.png"><img class="alignnone size-large wp-image-85" alt="biomasse-nitrates2" src="http://ysergent.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2013/10/biomasse-nitrates2-1024x491.png" width="1024" height="491" /></a>   <span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">L&rsquo;année 1997 est bien dans la série des années précédentes, mais 1998 tout à fait hors champ.</span></span> <span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Encore une fois, pourquoi ne pas avoir inclus et expliqué ces résultats, ainsi que ceux des autres années manquantes ? L&rsquo;année 1998 a été exceptionnelle pour les précipitations, ça peut s&rsquo;expliquer. La conviction et la volonté de démontrer quelque chose peuvent-elles passer par la dissimulation de données ?</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Les deux diagrammes suivants présentent les quantités d&rsquo;ulves ramassées par an dans les principaux sites atteints par les marées vertes, dans les deux départements les plus touchés.</span></span></p>
<p><a href="http://ysergent.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2013/10/ramassage22.png"><img class="alignnone size-large wp-image-86" alt="ramassage22" src="http://ysergent.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2013/10/ramassage22-1024x491.png" width="1024" height="491" /></a> <a href="http://ysergent.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2013/10/ramassage29.png"><img class="alignnone size-large wp-image-87" alt="ramassage29" src="http://ysergent.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2013/10/ramassage29-1024x491.png" width="1024" height="491" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">A part 2004, où les quantités ramassées ont été très élevées à St Michel-en-Grève et à Fouesnant, rien de remarquable n&rsquo;apparaît, bien qu&rsquo;il y ait eu des années plutôt sèches et des années pluvieuses.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">On peut voir en haut que Plestin-les-Grèves et St Michel-en-Grève, dans la même baie, n&rsquo;ont pas toujours les mêmes variations, comme Morieux et Hillion, dans la même baie également.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">En bas, Plomodiern et Plonevez-Porzay varient à peu près de façon synchrone, mais pas Douarnenez, pourtant dans la même baie.</span></span> <span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Or on peut faire l&rsquo;hypothèse que lorsqu&rsquo;une année est pluvieuse, ou sèche, elle l&rsquo;est sur l&rsquo;ensemble des départements bretons, même s&rsquo;il y a de petites différences locales.</span></span> <span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Il est difficile de tirer quelque conclusion que ce soit de cet enchevêtrement de lignes, qui a le mérite de montrer qu&rsquo;une année à forts échouages sur un site peut être une année à faibles échouages sur un autre.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Le CEVA a donc aussi essayé d&rsquo;établir des corrélations entre flux de nitrates et importance des marées vertes, mais rien n&rsquo;en sort de convaincant. En gros, on peut dire qu&rsquo;il ne semble pas y avoir de corrélation au niveau de la Bretagne entre les flux de nitrates et les quantités d&rsquo;ulves ramassées, même si cette corrélation peut exister par endroits.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Toute analyse des variations annuelles faite au niveau de la Bretagne est nécessairement biaisée, compte-tenu de l&rsquo;importance relative des ramassages sur la commune de St Michel-en-Grève dont l&rsquo;amplitude des variations de plus de 10 000 tonnes suffit à expliquer la plus grosse part des variations régionales, et compte-tenu de l&rsquo;importance relative de la baie de St Brieuc qui joue le même rôle en ce qui concerne les surfaces d&rsquo;échouage.<br />
Mais qu&rsquo;apporterait la mise en évidence d&rsquo;une corrélation « taux de nitrates-échouages d&rsquo;algues vertes » ? Rien, ou plutôt ça laisserait entendre que toute baisse des flux de nitrates sera suivie d&rsquo;une baisse de la production d&rsquo;ulves ; c&rsquo;est à dire le contraire de ce qui est dit et répété par l&rsquo;IFREMER.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><b>Essayer de prouver que les nitrates sont le facteur limitant et affirmer en même temps que les efforts sur les taux de nitrates n&rsquo;auront d&rsquo;effet que quand la réduction atteindra 50% ou 70% est totalement incohérent.</b></span></span>   <span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Si dans le baquet qui a servi d&rsquo;<a title="Tout petit rappel de biologie: la notion de facteur limitant" href="http://ysergent.fr/WordPress3/2013/10/rappel-de-biologie-la-notion-de-facteur-limitant-2/" target="_blank">exemple</a> on raccourcit la planche la plus courte, le niveau baisse immédiatement ; si on raccourcit une planche et que le niveau ne baisse pas, c&rsquo;est que ce n&rsquo;était pas la plus courte, donc pas le facteur limitant.</span></span> <a href="http://ysergent.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2013/10/facteurlimitant0002.png"><img class="wp-image-88 alignnone" alt="facteurlimitant0002" src="http://ysergent.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2013/10/facteurlimitant0002.png" width="370" height="416" /></a></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Le plus vraisemblable est que la lumière soit limitante quand le rideau est formé, comme elle l&rsquo;est quand les ulves sont au fond. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs ce que sous-entend Alain <a href="http://www.lepoint.fr/actualites-societe/2009-09-24/algues-vertes-le-ramassage-en-mer-n-est-pas-une-solution-selon-un/920/0/380248" target="_blank">Menesguen</a> quand il dit que si l&rsquo;on pêche dans le rideau avec les machines mises au point récemment, on va augmenter la croissance des algues. </span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Puis on a les nitrates, qui sont en large excédent par rapport aux besoins, puisque tous les chercheurs s&rsquo;accordent pour dire qu&rsquo;il n&rsquo;y aura d&rsquo;effet que quand les taux de nitrates auront atteint 5 à 10 mg/l. Autrement dit, ils ne sont pas limitants. S&rsquo;ils ne sont pas limitants, cela signifie qu&rsquo;on peut multiplier les flux de nitrates par 2 ou par 10 sans aggraver les marées vertes puisque le facteur limitant, lui, n&rsquo;aura pas été modifié (peut-être se passerait-il autre chose qu&rsquo;une marée verte, personne n&rsquo;a envie de jouer à ça!). Cela signifie aussi qu&rsquo;on devra baisser les taux jusqu&rsquo;à ce que les nitrates soient devenus limitants avant d&rsquo;avoir le moindre début de commencement de semblant de réponse.</span></span> <span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Et on ne sait pas si, le moment venu,les cyanobactéries ne remplaceraient pas les nitrates manquants, compte-tenu de la présence des phosphates dans le sédiment.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Enfin il y a les phosphates, dont on sait seulement qu&rsquo;ils sont très abondants dans le sédiment, mais dont les conditions de relargage sont mal connues et pas maîtrisées du tout. D&rsquo;où les points d&rsquo;interrogation sur le schéma.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Restent à expliquer les variations de teneur interne en azote des ulves en cours de saison. Ces variations sont plus importantes en baie de St Brieuc que sur le site de la Lieue de Grève où les taux n&rsquo;atteignent que rarement des niveaux susceptibles d&rsquo;arrêter la croissance. Le CEVA évoque d&rsquo;ailleurs &nbsp;&raquo;une résistance du site <i>(de la Lieue de Grève)</i> à des mesures préventives en amont encore plus élevée que prévue par le modèle&nbsp;&raquo; de l&rsquo;IFREMER.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Il est décrit que le taux d&rsquo;azote interne baisse quand la lumière et la température sont favorables à la croissance : l&rsquo;algue utilisant l&rsquo;azote pour sa croissance, le taux interne diminue et seule l&rsquo;absorption de nitrates peut compenser cette diminution. Or cette absorption se fait de manière active</span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote1sym" name="sdfootnote1anc"><sup>1</sup></a></span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">, c&rsquo;est-à-dire qu&rsquo;elle nécessite de l&rsquo;énergie. L&rsquo;algue doit-elle arbitrer entre l&rsquo;utilisation de l&rsquo;énergie pour la croissance et l&rsquo;utilisation pour l&rsquo;absorption des nitrates, c&rsquo;est à dire entre assimilation et absorption ?</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Par ailleurs des hausses brutales et inexpliquées du taux d&rsquo;azote interne sont parfois observées, ce qui montre que la connaissance des causes de ces variations peut être améliorée.</span></span> <span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Le fait que cette baisse s&rsquo;observe sur tous les sites à des degrés divers signifie peut-être qu&rsquo;elle est &nbsp;&raquo;normale&nbsp;&raquo;, ou physiologique, et que seule une partie de la baisse pourrait être liée à une diminution du taux de nitrates dans l&rsquo;eau, diminution ponctuelle à la fois dans l&rsquo;espace et dans le temps.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Chaque site est un cas particulier, et chaque moment est particulier aussi, c&rsquo;est-à-dire que les nitrates peuvent quand même être quelquefois limitants, comme les phosphates semblent l&rsquo;être quelquefois, et comme la lumière l&rsquo;est souvent. En ce sens, la solution retenue, c&rsquo;est-à-dire la gestion du problème par ensemble de bassins versants en lien avec un site à marées vertes est la solution la plus adaptée.</span></span> <span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Au vu de l&rsquo;historique des marées vertes, on peut affirmer que sur les sites les plus atteints, les nitrates sont loin d&rsquo;être limitants puisque les marées vertes se sont stabilisées au début des années 80 alors que les flux de nitrates ont augmenté jusqu&rsquo;au milieu des années 90. </span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Et s&rsquo;ils ne sont pas limitants, il ne peut pas y avoir de corrélation entre flux de nitrates et importance des marées vertes, il est inutile d&rsquo;en chercher. Ou plutôt, il ne peut pas y avoir de lien de cause à effet entre les variations des flux de nitrates et l&rsquo;importance des marées vertes. Ceci n&rsquo;exclut pas qu&rsquo;il y ait des corrélations dont l&rsquo;explication serait différente, comme il sera vu par <a title="Le rôle du vent" href="http://ysergent.fr/WordPress3/2013/10/le-role-du-vent/" target="_blank">ailleurs</a>.</span></span>   <span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Ceci n&rsquo;empêche pas qu&rsquo;il puisse y avoir des sites où les nitrates sont déjà ou encore limitants, et où il sera plus facile de se débarrasser des marées vertes.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Quant à dire que le nitrate est responsable, pour reprendre le titre de la publication, ça n&rsquo;a guère de sens, comme il a déjà été dit : ça ne pourrait en avoir que si tous les autres facteurs étaient &nbsp;&raquo;naturellement&nbsp;&raquo; réunis sur un site à l&rsquo;exception de celui-là ; or on a vu que les phosphates ont aussi été apportés en quantités importantes pendant plusieurs décennies.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Jean-Yves Piriou, chercheur aussi à l&rsquo;IFREMER, et par ailleurs ancien candidat Europe Écologie les Verts prend aussi <a href="http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/08/20/algues-vertes-plus-personne-ne-nie-la-responsabilite-des-nitrates_1230375_3244.html" target="_blank">position</a> en 2009 pour affirmer le lien nitrates-marées vertes.</span></span></p>
<p><span style="font-size: medium; font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;">Enfin voici un curieux extrait d&rsquo;un dialogue entre André <a href="http://www.andreollivro.com/" target="_blank">Ollivro</a> et Yves-Marie <a href="http://www.bretagne-durable.info/user/list-contrib/814" target="_blank">Le Lay</a> (&nbsp;&raquo;Les marées vertes tuent aussi&nbsp;&raquo;) :</span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">A.O.…..D&rsquo;ailleurs certains d&rsquo;entre eux <i>(les chercheurs)</i> nous disaient : «  plus vous, associations, protesterez contre les marées vertes, plus nous, scientifiques, nous serons obligés de réagir, et notre parole aura plus de crédit face à nos autorités supérieures ».</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Y.-M. L.L. C&rsquo;est intéressant parce que les associations militantes permettent ainsi de délivrer la vérité scientifique. Délivrer au sens où cette expertise scientifique est prisonnière de toute une hiérarchie qui a trop souvent des comptes à rendre aux pouvoirs politique et économique.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Les voies de la vérité scientifique sont impénétrables !</span></span> <span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Il y a donc eu au moins convergence d&rsquo;intérêt entre les chercheurs de l&rsquo;IFREMER travaillant sur le dossier des marées vertes et certaines associations dont les nitrates sont le &nbsp;&raquo;cheval de bataille&nbsp;&raquo;. (comme le fait remarquer Marian Apfelbaum)</span></span> <span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Les associations qui se flattent de jouer les mouches du coche devraient se souvenir de la morale de la fable (On ne lit jamais assez La Fontaine</span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote2sym" name="sdfootnote2anc"><sup>2</sup></a> !)</span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">:</span></span></p>
<p>Ainsi certaines gens, faisant les empressés,</p>
<p>S&rsquo;introduisent dans les affaires:</p>
<p>Ils font partout les nécessaires,</p>
<p>Et, partout importuns, devraient être chassés.</p>
<p><span style="font-size: medium; font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;">Il était surement nécessaire de tirer le signal d&rsquo;alarme, peut-être eût-il mieux valu s&rsquo;en tenir là ! André Ollivro est parfaitement informé qu&rsquo;il faut abaisser les taux de nitrates entre 5 et 10 mg/l, et que cela nécessite l&rsquo;arrêt de l&rsquo;agriculture sur les bassins versants concernés. Cette mesure ne l&rsquo;effraie nullement, et il entend dicter aux politiques la conduite à tenir.</span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><b>Tout ceci ne prouve évidemment en rien que les nitrates ne jouent pas de rôle dans les marées vertes, mais peut expliquer la mise en cause par certains syndicats agricoles du sérieux des conclusions de ces travaux.</b></span></span></p>
<div id="sdfootnote1"><a href="#sdfootnote1anc" name="sdfootnote1sym">1</a><span style="font-size: medium;"><i>Runcie J.W., Ritchie R.J., Larkum A.W.D., 2003. Uptake kinetics and assimilation of inorganic nitrogen by Catenella nipae and Ulva lactuca. Aquatic botany 76 (2003) 155-174</i></span> <a href="#sdfootnote1anc" name="sdfootnote1sym"></a></div>
<div id="sdfootnote2"><a href="#sdfootnote2anc" name="sdfootnote2sym">2</a><span style="font-size: small;"> &nbsp;&raquo;Le coche et la mouche&nbsp;&raquo;</span></div>
]]></content:encoded>
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		<title>La controverse: la &#171;&#160;guerre&#160;&#187; des chercheurs</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Oct 2013 13:55:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Jusqu&#8217;ici, tout le monde semble d&#8217;accord, il y a des algues vertes parce qu&#8217;il y a des nitrates, et les nitrates viennent de l&#8217;agriculture intensive. Le plan de lutte contre les marées vertes est construit autour de cette certitude. Comme on va le voir, il y a un désaccord assez profond entre nos différents organismes [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Jusqu&rsquo;ici, tout le monde semble d&rsquo;accord, il y a des algues vertes parce qu&rsquo;il y a des nitrates, et les nitrates viennent de l&rsquo;agriculture intensive. Le plan de lutte contre les marées vertes est construit autour de cette certitude. Comme on va le voir, il y a un désaccord assez profond entre nos différents organismes de recherche sur l&rsquo;analyse de la situation.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Trois organismes de recherche sont intervenus à des degrés divers sur ce dossier.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Le <a href="http://www.ceva.fr/" target="_blank">CEVA</a> , Centre d&rsquo;Etudes et de Valorisation des Algues, comme son nom l&rsquo;indique, travaille exclusivement sur les algues. Il fut créé en mai 1982 sous le nom de Centre d&rsquo;Expérimentation et de Recherche Appliquée en Algologie, avec la mission principale de lutter contre le problème des marées vertes. Lorsqu&rsquo;il devint CEVA en 1986, ses missions, si l&rsquo;on en juge par ses statuts, furent largement élargies, allant de l&rsquo;étude à la valorisation de toutes les algues. Beaucoup de travail a été fait, incluant dans les années 80 de nombreuses expérimentations pour valoriser les algues, par exemple en alimentation animale, et dans les années 2000 pour ramasser les ulves dans le rideau, en passant par de très nombreuses analyses des algues au cours des saisons, et de nombreuses observations des dépôts sur le terrain.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">L&rsquo;<a href="http://wwz.ifremer.fr/institut" target="_blank">IFREMER</a>, (Institut Français de Recherche et d&rsquo;Exploitation de la Mer)</span></span><sup><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote1sym" name="sdfootnote1anc"><sup>1</sup></a></span></span></sup><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"> s&rsquo;occupe de tout ce qui touche à la mer, et les algues ne sont donc qu&rsquo;une toute petite part de ses activités. Mais il y au sein du département &nbsp;&raquo;Dynamiques de l&rsquo;Environnement Côtier&nbsp;&raquo; une équipe qui a beaucoup travaillé et publié sur les marées vertes, en particulier sur la modélisation du phénomène.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">L&rsquo;<a href="http://www.inra.fr/" target="_blank">INRA</a> (Institut National de la Recherche Agronomique) très connu pour ses travaux sur tout ce qui touche à l&rsquo;agriculture et l&rsquo;élevage, n&rsquo;est pas à priori concerné par les algues, mais l&rsquo;est en fait indirectement puisque les marées vertes sont généralement attribuées aux effluents de l&rsquo;élevage industriel ou hors-sol.</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><b>La Position de l&rsquo;IFREMER.</b></span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Pour l&rsquo;IFREMER , il n&rsquo; y a aucun doute possible, les nitrates sont responsables des marées vertes. A l&rsquo;appui de cette thèse, les chercheurs utilisent des modélisations de croissance et des analyses de la composition des algues vertes à différentes saisons.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Cette conviction s&rsquo;exprime de façon on ne peut plus claire dans une <a href="http://archimer.ifremer.fr/doc/2003/rapport-143.pdf" target="_blank">publication de 2003</a></span></span><sup><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote2sym" name="sdfootnote2anc"><sup>2</sup></a></span></span></sup><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">On y trouve une étude rapprochant les quantités maximales d&rsquo;ulves (à St Brieuc) d&rsquo;une part, et les apports d&rsquo;azote par jour au mois de juin par les rivières affluentes d&rsquo;autre part. Ce diagramme montre une corrélation très &nbsp;&raquo;parlante&nbsp;&raquo;.</span></span></p>
<p><a href="http://ysergent.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2013/10/biomasse-nitrates1.png"><img class="alignnone size-medium wp-image-78" alt="biomasse-nitrates1" src="http://ysergent.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2013/10/biomasse-nitrates1-300x187.png" width="300" height="187" /></a></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Les triangles jaunes correspondent aux années prises en compte dans l&rsquo;étude de 1995 (1986 &#8211; 1992) Le fait que les points soient presque alignés traduit l&rsquo;existence d&rsquo;une corrélation forte entre le flux d&rsquo;azote sur le site au mois de juin et la biomasse maximale d&rsquo;ulves en baie de St Brieuc.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Cette corrélation est d&rsquo;autant plus troublante qu&rsquo;elle permet d&rsquo;expliquer la totalité de la production d&rsquo;algues vertes par les seuls apports en nitrates du mois de juin : en effet le tonnage d&rsquo;azote correspond au tonnage nécessaire à la production de la biomasse totale décrite. (Schématiquement, 1 g d&rsquo;azote correspond à 4,4 g de nitrates, et à 310 g d&rsquo;ulves fraîches sur la base de 10% de matière sèche). Cela signifie-t-il que les apports des autres mois sont inutiles pour les ulves, ou qu&rsquo;une partie des apports de juin est dispersée, et que les autres mois compensent les quantités ainsi perdues ?</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Dans tous les cas, cela signifie que la production d&rsquo;ulves est très inférieure à ce que les apports totaux d&rsquo;azote permettraient, ce que laissait entendre les &nbsp;&raquo;sensibilités&nbsp;&raquo; des sites (voir &laquo;&nbsp;<a title="Le site" href="http://ysergent.fr/WordPress3/2013/10/le-site/">le site</a>&laquo;&nbsp;). Cela est cohérent avec les simulations montrant qu&rsquo;il faut diminuer beaucoup les taux de nitrates avant d&rsquo;avoir le moindre effet sur les marées vertes.</span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"> Ce qu&rsquo;annonce d&rsquo;ailleurs de façon très claire</span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote3sym" name="sdfootnote3anc"><sup>3</sup></a></span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"> Alain Menesguen dans cette publication où il reprend ce travail de 1995 : depuis que les taux de nitrates ont atteint 20 mg/l dans le Douron, la production d&rsquo;ulves n&rsquo;a plus augmentée. Cela veut dire que depuis ce moment là, les nitrates ne sont plus limitants.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Curieusement, dans la même publication, il est fait état de résultats d&rsquo;analyses faites par le CEVA qui montrent que la teneur en azote des ulves diminue en fin de printemps et été, jusqu&rsquo;à atteindre un taux où il n&rsquo;y a plus de croissance</span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote4sym" name="sdfootnote4anc"><sup>4</sup></a></span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">. La teneur en azote des ulves peut effectivement diminuer et chuter jusqu&rsquo;à un niveau qui ralentit la croissance, puis à un niveau où la croissance est complètement arrêtée.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Il en conclut fort logiquement que cela signifie que les nitrates sont limitants dans la &nbsp;&raquo;prolifération estivale des ulves&nbsp;&raquo;. Si tel est le cas, toute diminution des flux de nitrates doit bloquer la croissance plus longtemps, donc la production d&rsquo;ulves doit diminuer. Donc il est normal d&rsquo;observer une corrélation entre les flux d&rsquo;azote et les stocks d&rsquo;ulves.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Le problème est que cette corrélation est mise en évidence sur un seul site (baie de St Brieuc), et qu&rsquo;il vient d&rsquo;être montré par l&rsquo;exemple du Douron qu&rsquo;au moins là, elle n&rsquo;existait pas.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">En réalité, cette publication a pour but de démontrer la responsabilité du nitrate (c&rsquo;est le titre de la publication) et doit être lue comme une pièce d&rsquo;une controverse qui dure depuis des années. </span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><b>La position de l&rsquo;INRA (Guy Barroin).</b></span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">La même année, un chercheur de l&rsquo;INRA (Barroin, 2003) publie un <a href="http://www7.inra.fr/dpenv/barroc48.htm" target="_blank">article</a> où il explique pourquoi il ne croit pas à la possibilité de lutter contre les développements excessifs d&rsquo;algues en luttant seulement contre les nitrates</span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote5sym" name="sdfootnote5anc"><sup>5</sup></a></span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">. Pour résumer, il explique que s&rsquo;il peut arriver que ponctuellement les nitrates soient limitants, on ne peut pas mener un combat contre une eutrophisation en diminuant les nitrates, parce que si ceux-là venaient à manquer, des cyanobactéries se multiplieraient en captant l&rsquo;azote de l&rsquo;atmosphère, et que le milieu se trouverait enrichi en azote. Il affirme donc qu&rsquo;il faut lutter contre les phosphates. Mais on a vu que c&rsquo;est très difficile compte-tenu des stocks présents dans le sédiment.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Enfin il explique en quelle estime il tient ceux qui n&rsquo;ont pas compris ça : &nbsp;&raquo;Totale méconnaissance&nbsp;&raquo;… &nbsp;&raquo;fort louable souci d&rsquo;économie de pensée&nbsp;&raquo;. Le débat est vif ! (voir la note 5)</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Il semble que tous les chercheurs de l&rsquo;INRA ne partagent pas le point de vue de Barroin, mais il est intéressant d&rsquo;opposer des analyses différentes.</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b style="font-size: medium; font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;">La position du CEVA</b><span style="font-size: medium; font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;">.</span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Le CEVA a dans un premier temps estimé que c&rsquo;était en luttant contre les phosphates qu&rsquo;on avait une chance d&rsquo;aboutir ; d&rsquo;où un plan de déphosphatation qui a été mis en œuvre de 88 à 92, qui a permis de réduire de façon très importante les rejets de phosphates, mais n&rsquo;a pas eu d&rsquo;influence sur les échouages, les phosphates présents dans le sédiment ayant pris le relais. Une légère baisse des taux de phosphore interne des algues a été quelquefois observée, mais insuffisante pour que le phosphore devienne limitant.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Ultérieurement le CEVA a insisté sur la baisse des taux de nitrates en cours de saison, qui semblent signer le rôle limitant des nitrates.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Plus récemment, dans</span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"> <a href="http://www.ceva.fr/fre/MAREES-VERTES/Connaissances-Scientifiques/Mecanismes-et-causes/Roles-respectifs-de-l-azote-et-du-phosphore" target="_blank">un document disponible sur son site internet</a></span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote6sym" name="sdfootnote6anc"><sup>6</sup></a></span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">, le CEVA insiste sur la différence entre facteur limitant, facteur &nbsp;&raquo;responsable&nbsp;&raquo; et facteur opérationnel de contrôle.</span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote7sym" name="sdfootnote7anc"><sup>7</sup></a></span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Pour résumer la position du CEVA, ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;un élément est facteur limitant qu&rsquo;il est le facteur responsable. Ce qui paraît relativement évident : tous les éléments sont présents en quantité suffisante, et le premier qui vient à manquer, et qui devient de ce fait facteur limitant, ne peut pas être accusé d&rsquo;être responsable alors qu&rsquo;il est en fait, parmi tous les éléments nécessaires, celui qui est le moins abondant par rapport aux besoins des algues.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><b>Pour l&rsquo;IFREMER, les nitrates sont à la fois facteur limitant et facteur responsable des marées vertes ; pour l&rsquo;INRA (Guy Barroin), c&rsquo;est contre les phosphates qu&rsquo;il faut se battre, même s&rsquo;il faut des dizaines d&rsquo;années ; et le CEVA a aujourd&rsquo;hui une position intermédiaire, où les nitrates ne sont ni responsables ni limitants, mais sont le seul moyen de contrôle possible.</b></span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Enfin on ne peut finir ce tour de table sans évoquer l&rsquo;Institut Scientifique et Technique de l&rsquo;Environnement (<a href="http://www.institut-environnement.fr/" target="_blank">ISTE</a>), association présidée par Christian Buson, dont l&rsquo;action et les publications (démontrant l’innocuité des nitrates pour la santé humaine et le manque de solidité de la démonstration du lien entre nitrates et marées vertes) ont conduit à la demande par les ministères de l&rsquo;Agriculture et de l&rsquo;Environnement du rapport d&rsquo;arbitrage conduit par Mr Chevassus-au-Louis. L&rsquo;ISTE est en effet cité nominativement dans la lettre de mission à l&rsquo;origine de ce rapport (voir &laquo;&nbsp;<a title="L’arbitrage, ou le rapport « Chevassus »" href="http://ysergent.fr/WordPress3/2013/10/larbitrage-ou-le-rapport-chevassus/">l&rsquo;arbitrage</a>&laquo;&nbsp;), qui sera évoqué longuement par ailleurs.</span></span></p>
<div id="sdfootnote1">
<p><a href="#sdfootnote1anc" name="sdfootnote1sym">1</a><span style="font-size: small;"> L&rsquo;IFREMER est né en 1984 de la fusion du CNEXO (Centre National pour l&rsquo;EXploitation des Océans) créé en 1967 et de l&rsquo;ISTPM (Institut Scientifique et Technique des Pêches Maritimes) remplaçant lui-même en 1953 l&rsquo;Office des Pêches Maritimes </span></p>
</div>
<div id="sdfootnote2">
<p><a href="#sdfootnote2anc" name="sdfootnote2sym">2</a><span style="font-size: small;"> &nbsp;&raquo;Les marées vertes en Bretagne. La responsabilité du nitrate&nbsp;&raquo;, Menesguen A.</span></p>
</div>
<div id="sdfootnote3">
<p><a href="#sdfootnote3anc" name="sdfootnote3sym">3</a><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: small;"> &nbsp;&raquo;On notera par ailleurs que depuis longtemps, en fait depuis que la concentration en nitrate du </span></span><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: small;">Douron a atteint 20 mg/l, le site est saturé et produit déjà son maximum d’algues vertes, ce qui permet d’avertir les pouvoirs publics et l’opinion qu’il ne faut hélas espérer aucun effet visible des 50 premiers pourcents de réduction de la teneur actuelle du Douron en nitrate, ce qui serait pourtant déjà un effort énorme !&nbsp;&raquo; Menesguen 2003</span></span></p>
</div>
<div id="sdfootnote4">
<p><a href="#sdfootnote4anc" name="sdfootnote4sym">4</a><span style="font-size: small;"> &nbsp;&raquo;En ce qui concerne les nutriments disponibles, il a été montré à maintes reprises au niveau </span><span style="font-size: small;">des thalles individuels eux-mêmes, par le suivi régulier de leur teneur en azote et en phosphore, que les ulves subissent chaque année une chute rapide de leur teneur en azote au printemps tendant vers des valeurs estivales insuffisantes pour une croissance correcte des algues, et ne recouvrent des teneurs élevées qu&rsquo;en fin d&rsquo;automne. Ce phénomène d&rsquo;appauvrissement des algues est également visible pour le phosphore, mais est moins marqué et plus transitoire que pour l&rsquo;azote, </span><span style="font-size: small;"><b>ce qui établit au niveau physiologique que la prolifération estivale des ulves sur les côtes bretonnes est limitée par l&rsquo;azote</b></span><span style="font-size: small;">.&nbsp;&raquo;</span><span style="font-size: small;"> (c&rsquo;est surligné dans le texte) Menesguen 2003</span></p>
</div>
<div id="sdfootnote5">
<p><a href="#sdfootnote5anc" name="sdfootnote5sym">5</a><span style="font-size: small;"> &nbsp;&raquo;Que la pollution par les phosphates rende l&rsquo;azote limitant dans un espace/temps restreint ne fait aucun doute. En inférer que l&rsquo;azote est limitant à l&rsquo;échelle de l&rsquo;écosystème, c&rsquo;est ignorer le rôle des fixatrices d&rsquo;azote. Et vouloir, dans ces conditions, utiliser l&rsquo;azote comme facteur de maîtrise est à la fois techniquement impossible et écologiquement risqué. C&rsquo;est toujours le phosphore qu&rsquo;il convient de réduire globalement, c&rsquo;est toujours lui le facteur de maîtrise. ..<br />
&#8230;Cette stratégie d&rsquo;intervention peut sembler novatrice pour certains, déplacée pour d&rsquo;autres, tant l&rsquo;idée de la responsabilité du nitrate est ancrée dans les esprits. Ancrage facilité déjà par une certaine (mauvaise) volonté à voir de l&nbsp;&raquo;&rsquo;eutrophisation &nbsp;&raquo; là où sévit la &nbsp;&raquo;pollution par les phosphates&nbsp;&raquo;. Mais ancrage facilité surtout par l&rsquo;application d&rsquo;une version &laquo;&nbsp;adaptée&nbsp;&raquo; du concept originel de facteur limitant : puisque pour augmenter une production céréalière il suffit d&rsquo;augmenter le facteur limitant, pour réduire les proliférations algales il suffit de réduire ce même facteur limitant, et s&rsquo;il est &nbsp;&raquo; scientifiquement prouvé &nbsp;&raquo; que l&rsquo;azote est le facteur limitant, c&rsquo;est l&rsquo;azote qu&rsquo;il convient de réduire. Raisonnement qui témoigne d&rsquo;une totale méconnaissance de l&rsquo;abîme qui sépare l&rsquo;augmentation d&rsquo;une production céréalière de la diminution de proliférations algales, ne serait-ce que du point de vue de l&rsquo;activité des fixatrices d&rsquo;azote. Procédant sans doute d&rsquo;un fort louable souci d&rsquo;économie de pensée ce raisonnement présente cependant l&rsquo;avantage considérable d&rsquo;être simple, d&rsquo;où son succès&#8230;&nbsp;&raquo; G.Barroin 2003</span></p>
</div>
<div id="sdfootnote6">
<p><a href="#sdfootnote6anc" name="sdfootnote6sym">6</a><span style="color: #000080;"><span style="color: #000000;"><span style="font-size: small;"><i>http://www.ceva.fr/fre/MAREES-VERTES/Connaissances-Scientifiques/Mecanismes-et-causes/Roles-respectifs-de-l-azote-et-du-phosphore</i></span></span></span></p>
</div>
<div id="sdfootnote7">
<p><a href="#sdfootnote7anc" name="sdfootnote7sym">7</a><span style="font-size: small;"> &nbsp;&raquo;C’est ainsi que l’on assimile régulièrement le facteur limitant au facteur « responsable » ou dont « l’excès » est « à l’origine » de l’eutrophisation. De tels raccourcis de langage ont en fait l’inconvénient de faire perdre de sa lisibilité à la notion de facteur limitant puisque celui-ci se définit en réalité comme le facteur « minimum » par rapport aux autres qui sont, eux, en excès pour la croissance des algues. Le facteur limitant n’est pas plus qu’un élément nutritif dont l’évolution est responsable du processus d’eutrophisation à un stade trophique donné, sachant aussi d’après ce qui précède que les stades trophiques peuvent se succéder avec des facteurs limitants « responsables » différents.</span></p>
<p><span style="font-size: small;"> Ensuite, s’il est logique à priori de considérer le facteur limitant d’une eutrophisation comme le facteur de maîtrise à privilégier (contrôler le facteur qui contrôle, plutôt que celui qui ne contrôle pas…), il est quand même intéressant de se poser la question du stade trophique que l’on prendra comme objectif de restauration. S’attaquer exclusivement au facteur limitant du stade trophique du moment pour en bloquer l’évolution (et éviter une crise dystrophique par exemple), n’est pas la même chose que de s’attaquer (aussi) par anticipation au facteur limitant qui contrôlera le stade trophique de retour à un bon état du milieu.&nbsp;&raquo; CEVA</span></p>
</div>
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		</item>
		<item>
		<title>Tout petit rappel de biologie: la notion de facteur limitant</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Oct 2013 13:34:49 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[&#160; Pour croître, une plante, quelle qu&#8217;elle soit, a besoin de lumière, puis par ordre de besoins quantitatifs décroissants, de gaz carbonique (CO2), d&#8217;azote, de phosphore, et d&#8217;autres éléments en quantités moindres. Que les quantités soient décroissantes ne signifie pas que la plante en a moins besoin et peut plus facilement s&#8217;en passer, mais que [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Pour croître, une plante, quelle qu&rsquo;elle soit, a besoin de lumière, puis par ordre de besoins quantitatifs décroissants, de gaz carbonique (CO2)</span></span><span style="font-size: medium;">, d&rsquo;azote, de phosphore, et d&rsquo;autres éléments en quantités moindres. Que les quantités soient décroissantes ne signifie pas que la plante en a moins besoin et peut plus facilement s&rsquo;en passer, mais que la quantité nécessaire est plus faible. Même si cette quantité est plus faible, elle est indispensable, parce que la plante ne peut pas la synthétiser.</span></p>
<p align="LEFT"> <span style="font-size: medium;">Il faut retenir que la plante a besoin de tous les composants ; qu&rsquo;un seul manque, et elle ne peut pas se développer, même en multipliant par dix tous les autres nutriments. Celui qui manque s&rsquo;appelle facteur limitant. C&rsquo;est une notion fondamentale. Un schéma permet de bien la comprendre.</span></p>
<p align="LEFT"><a href="http://ysergent.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2013/10/facteurlimitant0001.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-64" alt="facteurlimitant0001" src="http://ysergent.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2013/10/facteurlimitant0001-267x300.jpg" width="267" height="300" /></a></p>
<p align="LEFT"><span style="font-size: medium;">Si on essaie de remplir d&rsquo;eau ce baquet fait de vieilles planches de longueurs inégales, on voit bien que la planche la plus courte, ici n° 3 limite la quantité d&rsquo;eau qu&rsquo;on peut mettre. La planche n°3 est le facteur limitant.</span></p>
<p align="LEFT"><span style="font-size: medium;">Si on rallonge la planche n°3 jusqu&rsquo;au niveau de la planche n°4, on voit que c&rsquo;est la planche n°1 qui va devenir un déversoir. La planche n°1 sera le nouveau facteur limitant.</span></p>
<p align="LEFT"><span style="font-size: medium;">Si on rallonge à son tour la planche n°1 au niveau de la planche n°4, un autre planche deviendra facteur limitant à son tour.</span></p>
<p align="LEFT"><span style="font-size: medium;">On voit bien aussi que la planche n°5 ne sera facteur limitant que si on a rallongé toutes les autres planches.</span></p>
<p align="LEFT"><span style="font-size: medium;">On voit enfin qu&rsquo;il ne sert à rien de rallonger toute autre planche que la n°3 avant d&rsquo;avoir rallongé celle-ci. Elle est facteur limitant, elle bloque tout.</span></p>
<p align="LEFT"><span style="font-size: medium;">Au contraire, si le but est de vider le baquet, ce qui se rapproche davantage de notre souci, on voit bien qu&rsquo;il ne sert à rien de raccourcir la planche n°2, (ou n&rsquo;importe quelle autre) tant qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas une longueur inférieure à celle de la planche n°3. Tant qu&rsquo;elle est plus longue, c&rsquo;est la planche n°3 qui reste le facteur limitant.</span></p>
<p align="LEFT"> <span style="font-size: medium;">Enfin, si, ce qui est fréquent, on ne sait pas quel est le facteur limitant, on peut chercher à mesurer l&rsquo;impact de la modification de chaque paramètre. S&rsquo;il n&rsquo;y a pas de réponse immédiate, c&rsquo;est qu&rsquo;on n&rsquo;a pas trouvé le facteur limitant.</span></p>
<p align="LEFT"><strong> <span style="font-size: medium;">Tout intrant (nutriment, lumière..) peut être facteur limitant en théorie. En pratique, les trois qui semblent jouer un rôle pour les ulves sont la lumière, les nitrates et les phosphates.</span></strong></p>
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		<title>Actions préventives: plan, coût et limites</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Oct 2013 13:27:40 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[marées_vertes]]></category>
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		<description><![CDATA[Les actions préventives visent à diminuer les apports de nitrates par les rivières se jetant dans les baies concernées. Personne n&#8217;envisageant de couvrir la mer d&#8217;une bâche pour la protéger de la lumière, les différents éléments nutritifs nécessaires à la croissance des algues ont été examinés, et les chercheurs ont abouti à la conclusion que [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">Les actions préventives visent à diminuer les apports de nitrates par les rivières se jetant dans les baies concernées. Personne n&rsquo;envisageant de couvrir la mer d&rsquo;une bâche pour la protéger de la lumière, les différents éléments nutritifs nécessaires à la croissance des algues ont été examinés, et les chercheurs ont abouti à la conclusion que les nitrates étaient le seul levier d&rsquo;action accessible. En réalité, tous ne sont pas d&rsquo;accord, mais tout est décidé comme si c&rsquo;était un fait acquis.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">On a vu qu&rsquo;il y avait d&rsquo;abord eu des mesures générales sur les rejets de nitrates d&rsquo;origine agricole qui concernaient toutes les &nbsp;&raquo;zones vulnérables&nbsp;&raquo; (dont les bassins versants à marées vertes, mais pas seulement), et que ce n&rsquo;est qu&rsquo;à partir de 2010 que des mesures spécifiques ont été prises pour les marées vertes dans le <a href="http://www.bretagne.pref.gouv.fr/Les-actions-de-l-Etat/Environnement-et-prevention-des-risques/L-eau/Plan-de-lutte-contre-les-algues-vertes">Plan de lutte</a> contre les marées vertes de la Région Bretagne.</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;"><b>Le plan de lutte de la Région Bretagne</b></span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">Les postes de dépense prévus dans le Plan sont les suivants :</span></span></p>
<p><em><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">(les valeurs indiquées correspondent au montant apporté par l’État, le pourcentage correspondant au taux de participation de l’État)</span></span></em></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">Amélioration des connaissances : 200 000 € (50%)</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">Ramassage : maximum par an 700 000 € (50%)</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">Construction de plate-formes de compostage 8 M € (80%)</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">Fonctionnement des plate-formes par an 140 000 € (30%)</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">Méthanisation des lisiers : une vingtaine de projets</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">Assainissement non collectif augmentation de 10% de l&rsquo;aide</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">Mesures agricoles 16 M € / an pendant 5 ans</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">Un montant considérable, puisque l’État prévoit 134 M€ sur 5 ans.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">On remarque que 80 M€ sur 5 ans représentent la plus grosse part du gâteau, affectés aux mesures d&rsquo;amélioration de l&rsquo;agriculture et qu&rsquo;il y a environ 12 millions pour l&rsquo;amélioration des connaissances, le ramassage, et la transformation des ulves (compostage), pour plus de 120 M€ pour la lutte &nbsp;&raquo;anti-nitrates&nbsp;&raquo; (méthanisation, assainissement et mesures agricoles).</span></span></p>
<p><span style="font-size: medium; font-family: 'Times New Roman', serif;">On voit donc que l&rsquo;inquiétude du Conseil Scientifique de l&rsquo;Environnement de Bretagne (<a href="http://www.cseb-bretagne.fr/index.php?option=com_remository&amp;Itemid=28&amp;func=fileinfo&amp;id=75" target="_blank">CSEB</a>) quant au renversement des priorités est infondée, la plus grosse part, et de très loin, allant à la lutte contre les nitrates. Mais leur contrariété venait surtout du fait qu&rsquo;il était dit qu&rsquo;il fallait améliorer les connaissances, alors qu&rsquo;ils sont persuadés que tout est connu sur le sujet.</span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">Ce montant n&rsquo;est que la part de l’État, le coût réel total de ce plan est bien sûr beaucoup plus élevé, si on prend en compte les dépenses des collectivité locales, et le coût pour les agriculteurs des efforts qui leur sont demandés.</span></span></p>
<p><span style="font-size: medium; font-family: 'Times New Roman', serif;">Et c&rsquo;est encore peu de choses par rapport au coût total du problème marées vertes, en terme d&rsquo;image, de développement touristique, de pertes pour la conchyliculture&#8230;.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">Pour rapprocher les décisions du terrain, l&rsquo;idée a été de faire signer par les différents acteurs d&rsquo;un bassin versant, un &nbsp;&raquo;contrat de bassin versant&nbsp;&raquo;. Sont concernés, dans le principe sur la base du volontariat, les agriculteurs, les communes, les particuliers, les entreprises situés sur le bassin versant. Les bassins versants concernés sont les huit</span></span><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote1sym" name="sdfootnote1anc"><sup>1</sup></a></span></span><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;"> qui débouchent dans les baies où sont observées des marées vertes et qui sont identifiées comme responsables de flux de nitrates importants. Ces plans sont pluriannuels, et deux baies sont considérées comme &nbsp;&raquo;pilotes&nbsp;&raquo;, les deux qui sont le plus sévèrement atteintes, la baie de Lannion et la baie de St Brieuc.</span></span></p>
<p><span style="font-size: medium; font-family: 'Times New Roman', serif;">Ces plans sont différents les uns des autres ; si l&rsquo;on prend pour exemple le plan de bassin versant de la Lieue de Grève, c&rsquo;est une <a href="http://www.eau-loire-bretagne.fr/littoral/charte-territoire_lieue-greve.pdf" target="_blank">charte de territoire</a> 2011-2015 qui a été signée entre l’État,</span><span style="font-size: medium; font-family: 'Times New Roman', serif;">l&rsquo;Agence de l&rsquo;eau Loire-Bretagne, le Conseil Régional de Bretagne, le Conseil Général des Côtes d&rsquo;Armor, le Président du Comité des bassins versants de la Lieue de Grève, Lannion-Trégor-Agglomération, la Communautés de communes de Beg Ar C&rsquo;hra, le syndicat d&rsquo;Eau de la Baie, la chambre d&rsquo;Agriculture des Côtes d&rsquo;Armor et l&rsquo;ensemble des maîtres d&rsquo;ouvrages d&rsquo;actions du projet de territoire à très basses fuites d&rsquo;azote des bassins versants de la Lieue de Grève. Autant dire que tout le monde s&rsquo;y est mis !</span></p>
<p align="JUSTIFY"> <span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">Le but est le retour à un bon état écologique des bassins versants et de la baie en 2027, ceci voulant dire la disparition des phénomènes de prolifération excessive des algues vertes. On doit noter qu&rsquo;il y a surtout des élevages de bovins laitiers sur ce bassin versant.</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"> <span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">Les objectifs stratégiques sont :</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">60% de la SAU en herbe en 2015 (47% en 2007)</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">baisse des entrées d&rsquo;azote de 10%</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">reconquête de 50% des zones humides cultivées</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">au moins 20 exploitations en production biologique (12 en 2009 sur un total de 170)</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">Pour atteindre ces objectifs, la charte vise l&rsquo;adhésion d&rsquo;au moins 80% des agriculteurs à une charte individuelle d&rsquo;engagement.</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"> <span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">Il y a plusieurs volets:</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"> <span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">un volet agricole et agroalimentaire (transformation et distribution sont inclus)</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">un volet zones naturelles</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">un volet foncier</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">et un volet assainissement (jugé excessif par le Conseil Scientifique compte tenu du faible poids des rejets azotés dus à l&rsquo;assainissement par rapport au total)</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">Le coût prévisionnel total est de 23 M€, les aides étant apportées à hauteur de 10,4 M€ par l’État (3,9 M€), l&rsquo;Agence de l&rsquo;eau (2,7 M€), la Région (2,3 M€) et le Conseil Général (1,5M€).</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"> <span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">Des objectifs de réduction des taux de nitrates chiffrés sont fixés : il faut passer de 2007 à 2015 (pour le centile 90) de 32 à 25,4 pour le Yar et de 37 à 28,9 pour le Roscoat.</span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">Un <a href="http://www.bretagne.fr/internet/upload/docs/application/pdf/2012-03/rapport_algues_vertes_sans_couverture_v2.pdf" target="_blank">rapport</a> du CESER</span></span><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote2sym" name="sdfootnote2anc"><sup>2</sup></a></span></span><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;"> en mai 2011, qui fait le point sur la politique de prévention et énumère les différents types de contrats mis en place et proposés aux agriculteurs pour faire évoluer les pratiques agricoles vers des pratiques provoquant moins de rejets, (essentiellement moins de rejets de nitrates) précise que la division par 3 de l&rsquo;excédent de bilan azoté entre 1998 et 2007 ne s&rsquo;est traduite que par une baisse de 5 mg/l des taux de nitrates dans les rivières ! Le combat n&rsquo;est pas gagné !</span></span></p>
<p> <span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">Le rapport du CESER continue</span></span><sup><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote3sym" name="sdfootnote3anc"><sup>3</sup></a></span></span></sup><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;"> en pointant du doigt les difficultés liées aux changements de la réglementation, les difficultés qu&rsquo;il y a pour la mettre en place et la faire respecter, et enfin l&rsquo;existence de dérogations. Tout ceci la rend finalement peu efficace.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">Ce n&rsquo;est pas le plus grave : il souligne aussi que les valeurs fixées par la réglementation, c&rsquo;est-à-dire un maximum de 50 mg/l pour le centile 90</span></span><sup><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote4sym" name="sdfootnote4anc"><sup>4</sup></a></span></span></sup><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">, et une &nbsp;&raquo;valeur guide&nbsp;&raquo;, donc une valeur vers laquelle il faut tendre, de 25 mg/l, sont totalement insuffisantes pour avoir une efficacité dans la &nbsp;&raquo;guerre&nbsp;&raquo; contre les algues vertes. Ce qui est évident puisque les marées vertes ont commencé dans ces sites très sensibles à une époque où les taux moyens de nitrates dans les rivières bretonnes étaient probablement inférieurs à 5mg/l.</span></span></p>
<p align="LEFT"> <span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">Comme le CESER, le <a href="http://www.cseb-bretagne.fr/index.php/Littoral/Marees-vertes.html" target="_blank">Comité scientifique</a> du plan de lutte contre les algues vertes trouve inappropriés et insuffisants les objectifs de réduction des taux de nitrates exprimés en pourcentage (30 à 40% selon les sites) et il préconise de viser un taux de 5 à 10 mg/litre.</span></span></p>
<p><span style="font-size: medium; font-family: 'Times New Roman', serif;">Ce qui pose problème, c&rsquo;est que les simulations faites avec les modèles donnent des résultats peu encourageants. Le schéma suivant montre l&rsquo;évolution des taux de nitrates de 2009 à 2020 en fonction des politiques conduites.</span></p>
<p><a href="http://ysergent.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2013/10/Yar.png"><img class="alignnone size-full wp-image-61" alt="Yar" src="http://ysergent.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2013/10/Yar.png" width="508" height="299" /></a> <em><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">d&rsquo;après <a href="http://etudes.bretagne-environnement.org/Recherche-textuelle/Modelisation-agro-hydrologique-du-bassin-versant-du-Yar/(offset)/1032" target="_blank">Raimbault</a> et al, Modélisation agro-hydrologique du bassin versant du Yar </span></span></em></p>
<p><span style="font-size: medium; font-family: 'Times New Roman', serif;">Les politiques retenues sont les suivantes :</span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">PAE en rouge : Pratiques actuelles extrapolées, donc projection dans le futur de la politique actuelle</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">SFEI en vert : Système Fourrager Économe en Intrants (voir ci-dessous)</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">AA en jaune : Arrêt de l&rsquo;Agriculture (On comprend l&rsquo;émoi des agriculteurs !)</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">L&rsquo;hypothèse SFEI impose aux exploitations de respecter un certain nombre de contraintes, un seuil minimum de surface en herbe, un plafond maximum de surface en maïs, des plafonds d&rsquo;apports azotés totaux et organiques par hectare, enfin des plafonds d&rsquo;apports azotés minéraux annuels en fonction des cultures.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">On voit que les 10 mg/litre ne seront jamais atteints dans les deux premières hypothèses, que l&rsquo;arrêt de l&rsquo;agriculture permet de passer sous 10 mg/litre en 5 à 6 ans, et que la diminution est ensuite beaucoup plus lente.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">On imagine facilement l&rsquo;émotion que peut provoquer une telle hypothèse dans une région dans laquelle l&rsquo;agriculture et le secteur agroalimentaire occupent une place prépondérante. On n&rsquo;en est plus à s&rsquo;opposer à l&rsquo;extension des porcheries, mais à envisager l&rsquo;arrêt de l&rsquo;agriculture. Alain Menesguen lui-même qualifie l&rsquo;hypothèse de provocatrice. C&rsquo;est le moins qu&rsquo;on puisse dire !</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">Or on est très loin de l&rsquo;image des algues vertes liées aux cochons ou à l&rsquo;élevage hors sol en général : sur le bassin versant du Yar, accusé d&rsquo;être le responsable des marées vertes de la Lieue de Grève, tous les élevages sont des élevages de bovins, il n&rsquo;y avait en 2007 que 2 élevages qui avaient aussi des porcs. Sur l&rsquo;ensemble des bassins versants</span></span><sup><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote5sym" name="sdfootnote5anc"><sup>5</sup></a></span></span></sup><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;"> arrivant à la Lieue de Grève, il y a 85 % d&rsquo;élevages de bovins, et près de la moitié (46 %) de la surface agricole utile est déjà en herbe. Sur 170 exploitations en 2007, on comptait 6 élevages de porcs, et 4 élevages mixtes bovins et porcs.(source:communication sur la &laquo;&nbsp;Lutte contre la prolifération des algues vertes dans la Baie de St Michel-en-Grève&nbsp;&raquo;)</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">Et c&rsquo;est à partir de cette situation là qu&rsquo;on envisage de passer à un Système Fourrager Économe en Intrants, ou à l&rsquo;Arrêt de l&rsquo;Agriculture.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">L&rsquo;agriculture biologique, que certains peuvent imaginer comme une solution au problème, n&rsquo;est pas en soi une agriculture à basses fuites d&rsquo;azote ; elle s&rsquo;accompagne peut-être souvent de conduites vertueuses à cet égard, mais c&rsquo;est loin d&rsquo;être systématique. (par exemple un épandage de fumier, même biologique, après une culture de légumineuses engendre de grosses fuites d&rsquo;azote). D&rsquo;autre part, la figure ci-dessus montre que l&rsquo;agriculture &nbsp;&raquo;économe en intrants azotés&nbsp;&raquo;, (donc théoriquement à basses fuites d&rsquo;azote) est bien loin de permettre d&rsquo;atteindre le taux de 10 mg/l.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">Sur les sites qui ont vu apparaître les marées vertes dans les années 80, quand les taux moyens de nitrates étaient déjà très élevés, on peut espérer que les efforts sur les flux de nitrates portent leurs fruits. En effet, si d&rsquo;autres facteurs</span></span><sup><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote6sym" name="sdfootnote6anc"><sup>6</sup></a></span></span></sup><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;"> ne perturbent pas trop la donne, on peut logiquement s&rsquo;attendre à ce que des marées vertes qui ont débuté avec des taux de 40 mg/ l disparaissent ou diminuent quand les taux seront redescendus à ce niveau. Mais quand les marées vertes ont commencé avec des taux sensiblement inférieurs à 5 mg/l, on ne peut pas s&rsquo;attendre à des résultats sans des efforts énormes.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">Dans le premier cas, s&rsquo;engager dans des efforts raisonnables pour que les taux de nitrates tendent vers la &nbsp;&raquo;valeur-guide&nbsp;&raquo; de 25 mg/l</span></span><sup><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote7sym" name="sdfootnote7anc"><sup>7</sup></a></span></span></sup><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;"> est un pari sans gros risque : si on gagne, tant mieux, et si c&rsquo;est sans effet, le coût des efforts engagés n&rsquo;aura pas été exorbitant et on aura fait mieux que respecter la législation, qui impose 50 mg/l.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;">Dans le cas des sites &nbsp;&raquo;historiques&nbsp;&raquo; des marées vertes au contraire, les efforts vont être énormes pour redescendre sous 10 mg/l, pour un résultat qui reste hypothétique.</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: medium;"><b>Toute la lutte préventive est axée sur la baisse des taux de nitrates. Si celle-ci se justifie et peut probablement entraîner une amélioration sur les sites les moins atteints, elle passe, sans garantie de succès, par l&rsquo;arrêt de l&rsquo;agriculture sur les bassins versants qui alimentent les sites les plus sensibles, qui se trouvent être les plus atteints.</b></span></span></p>
<div id="sdfootnote1">
<p><a href="#sdfootnote1anc" name="sdfootnote1sym">1</a>En pratique, il y a 4 rivières : le Quillimadec, le Horn, le Douron et le Yar, et quatre baies : celles de Douarnenez, de Fouesnant, de St Brieuc, et de La Fresnaye (à noter que celle-ci n&rsquo;a déjà plus d&rsquo;échouages d&rsquo;ulves depuis 2006)</p>
</div>
<div id="sdfootnote2">
<p><a href="#sdfootnote2anc" name="sdfootnote2sym">2</a> &nbsp;&raquo;<span style="font-size: small;">En application de cette réglementation, et par la mise en œuvre de mesures </span><span style="font-size: small;">contractuelles volontaires complémentaires comme le Plan de maîtrise des pollutions d’origine agricole (PMPOA), les Contrats territoriaux d’exploitation (CTE) puis Contrats d’agriculture durable (CAD), et les mesures agro-environnementales (MAE), </span><span style="font-size: small;"><b>les agriculteurs ont fait évoluer leurs pratiques </b></span><span style="font-size: small;">(calendrier d’épandage, bandes enherbées, évolution du matériel) et permis de diviser par 3 l’excédent de bilan azoté, passé de 100 à 30 kg/ha depuis 1998. </span><span style="font-size: small;"><b>Sur la même période (1998-2007), il y a une tendance généralisée à la baisse des nitrates de 5 mg/L dans les cours d’eau.</b></span><span style="font-size: small;">&nbsp;&raquo; Le CESER est le Conseil Économique, Social et Environnemental de la Région Bretagne.</span></p>
</div>
<div id="sdfootnote3">
<p align="LEFT"><a href="#sdfootnote3anc" name="sdfootnote3sym">3</a><span style="font-size: small;"> &nbsp;&raquo;Mais l’évolution incessante de la réglementation, ses contradictions parfois, ses difficultés d’application ou son non-respect, ainsi que certaines dérogations l’ont finalement rendue peu fiable et inopérante. De plus, la valeur limite de concentration en nitrates de 50 mg/L, et plus encore la valeur guide de 25 mg/L, qui orientent l’action publique en matière de santé et d’environnement, ne sont pas compatibles avec la lutte contre les algues vertes. Ces valeurs restent très supérieures au seuil de concentration de l’ordre de 10 mg/L que les scientifiques préconisent pour espérer des résultats tangibles. </span><span style="font-size: small;"><b>On peut donc affirmer que les outils réglementaires actuels sont insuffisants pour accompagner les évolutions souhaitées. </b></span><span style="font-size: small;">S’il reste nécessaire, le respect de la réglementation, aujourd’hui, ne suffit plus à lutter contre la prolifération des algues vertes.&nbsp;&raquo;</span></p>
</div>
<div id="sdfootnote4">
<p><a href="#sdfootnote4anc" name="sdfootnote4sym">4</a>Le centile 90 correspond à la valeur en dessous de laquelle se trouvent 90% des résultats de mesure. C&rsquo;est donc une valeur nettement supérieure à la moyenne, mais inférieure au maximum</p>
</div>
<div id="sdfootnote5">
<p><a href="#sdfootnote5anc" name="sdfootnote5sym">5</a>Le Yar est le plus important des rivières arrivant à la Lieue de Grève, mais elles sont 5, d&rsquo;importances très inégales : le Yar et le Roscoat représentent 80 % des apports de nitrates.</p>
</div>
<div id="sdfootnote6">
<p><a href="#sdfootnote6anc" name="sdfootnote6sym">6</a>Les phosphates et les stocks profonds en particulier peuvent avoir une influence sur l&rsquo;évolution du phénomène.</p>
</div>
<div id="sdfootnote7">
<p><a href="#sdfootnote7anc" name="sdfootnote7sym">7</a>La valeur-guide de 25 mg/l est introduite par le décret 2001/1220 pour les eaux destinées à être utilisées pour la consommation humaine après un traitement physique simple et une désinfection. Dans tous les autres cas, il n&rsquo;existe qu&rsquo;un maximum de 50 mg/l qui doit être respecté dans 95% des mesures.</p>
</div>
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