<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>marées vertes:  que faire?marées vertes:  que faire? &#187; CEVA</title>
	<atom:link href="http://ysergent.fr/WordPress3/tag/ceva/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://ysergent.fr/WordPress3</link>
	<description>il &#34;suffit&#34; de baisser les taux de nitrates?</description>
	<lastBuildDate>Wed, 21 Oct 2015 13:15:30 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
		<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
		<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=3.7.41</generator>
	<item>
		<title>En bref, pour ceux qui sont pressés.</title>
		<link>http://ysergent.fr/WordPress3/2013/10/en-bref-pour-ceux-qui-sont-presses/</link>
		<comments>http://ysergent.fr/WordPress3/2013/10/en-bref-pour-ceux-qui-sont-presses/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 29 Oct 2013 18:06:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Barroin]]></category>
		<category><![CDATA[CEVA]]></category>
		<category><![CDATA[IFREMER]]></category>
		<category><![CDATA[INRA]]></category>
		<category><![CDATA[Lieue-de-Grève]]></category>
		<category><![CDATA[marées vertes]]></category>
		<category><![CDATA[matière sèche]]></category>
		<category><![CDATA[modélisation]]></category>
		<category><![CDATA[nitrates]]></category>
		<category><![CDATA[phosphates]]></category>
		<category><![CDATA[ulves]]></category>
		<category><![CDATA[Yar]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://ysergent.fr/WordPress3/?p=234</guid>
		<description><![CDATA[Signalés dès 1924 par un agronome sur des plages de Bretagne Nord, des échouages d&#8217;algues vertes, plus précisément des ulves, sont observés sur de nombreux sites, mais en quantités importantes et gênantes seulement sur une grosse demi-douzaine de sites. Ces échouages n&#8217;ont pris une importance vraiment problématique qu&#8217;à partir de la fin des années 60, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Signalés dès 1924 par un agronome sur des plages de Bretagne Nord, des échouages d&rsquo;algues vertes, plus précisément des ulves, sont observés sur de nombreux sites, mais en quantités importantes et gênantes seulement sur une grosse demi-douzaine de sites. Ces échouages n&rsquo;ont pris une importance vraiment problématique qu&rsquo;à partir de la fin des années 60, les constructions de résidences secondaires et d&rsquo;hôtels avant cette période, par exemple à La Lieue-de-Grève, en attestent : si les échouages avaient eu l&rsquo;ampleur qu&rsquo;ils ont maintenant, personne n&rsquo;aurait construit sur le bord de cette plage magnifique.</p>
<p>Il est donc difficile d&rsquo;imaginer que le développement de l&rsquo;activité humaine en général, et de l&rsquo;agriculture en particulier n&rsquo;aient joué aucun rôle dans l&rsquo;augmentation des marées vertes. Les rejets ayant été multiples, et les algues vertes ayant des besoins divers, on ne peut toutefois pas faire porter à priori la totalité de la responsabilité sur les seuls nitrates d&rsquo;origine agricole. Les rejets de phosphates ont été considérables, et l&rsquo;agriculture n&rsquo;en est pas la seule responsable. (voir <a href="http://www.cgedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/007942-01_rapport_cle2e3e51.pdf" target="_blank">rapport</a> « Chevassus »).</p>
<p>Mais les stocks de phosphates présents dans les sédiments interdiraient tout espoir de résultat à court ou moyen terme par le biais d&rsquo;une seule action sur les rejets de phosphates. La recherche de moyens d&rsquo;éviter le relargage de ce stock de phosphore serait peut-être envisageable.</p>
<p>La solution retenue et mise en œuvre est donc d&rsquo;essayer de faire mourir les marées vertes d&rsquo;un manque de nitrates. Pour simplifier, comme on ne peut pas les faire disparaître en les privant de CO2, ni de lumière, ni de phosphates, ni de tout autre nutriment, le moins difficile, (mais très difficile quand même ) semble être de les priver de nitrates.</p>
<p>Les modélisations proposées par l&rsquo;IFREMER et le CEVA indiquent qu&rsquo;il faudra atteindre des taux inférieurs à 10 mg/litre de nitrates pour espérer un résultat ; ce qui est d&rsquo;ailleurs confirmé par l&rsquo;histoire des marées vertes : elles n&rsquo;ont été considérées comme un problème à la Lieue-de-Grève qu&rsquo;en 1968, alors que les taux moyens de nitrates dans les rivières bretonnes semblent (il y a bien peu de données à cette époque) n&rsquo;avoir dépassé 5 mg/litre qu&rsquo;après 1970. (Rappelons que l&rsquo;eau, pour être considérée comme potable, doit contenir au maximum 50 mg de nitrates par litre, c&rsquo;est à dire dix fois plus !)</p>
<p>La <a title="Actions préventives: plan, coût et limites" href="http://ysergent.fr/WordPress3/2013/10/actions-preventives-plan-cout-et-limites/" target="_blank">modélisation</a> réalisée sur le bassin versant du Yar indique qu&rsquo;il faudrait supprimer totalement l&rsquo;agriculture pour espérer arriver après quelques années à moins de 10 mg/litre. Encore n&rsquo;y a-t-il sur ce bassin versant que des élevages de bovins, dont trois qui font aussi du porc ; on est donc bien loin de l&rsquo;agriculture intensive hors-sol toujours considérée comme responsable.</p>
<p>Le choix qui se présente est le suivant: soit on maintient la pression sur les agriculteurs pour les contraindre à diminuer les fuites de nitrates, mais on sait que les taux ne descendront jamais sous 10 mg/litre, et dans le cas de la Lieue-de-Grève on ne viendra jamais à bout des marées vertes, soit on supprime totalement l&rsquo;agriculture sur ce bassin versant, et&#8230; on ne sait même pas ce qui se passera !</p>
<p>En effet, rien ne permet d&rsquo;affirmer que les stocks d&rsquo;azote organique du sol et du sédiment sous la plage, ou les organismes capables de capter l&rsquo;azote de l&rsquo;air, ne viendront pas pallier la diminution des nitrates en provenance de l&rsquo;agriculture. Donc rien ne permet d&rsquo;affirmer que les efforts accomplis ne demeureront pas vains.</p>
<p>Parce que rien ne permet aujourd&rsquo;hui de dire que ce ne sont pas les phosphates qui étaient limitants avant l&rsquo;aggravation du phénomène.</p>
<p>C&rsquo;est à dire que même si l&rsquo;idée de lutter contre les marées vertes en diminuant les flux de nitrates est recevable (encore que Guy Barroin de l&rsquo;INRA pense qu&rsquo;elle ne l&rsquo;est pas ou en tout cas pas utilisée seule), rien ne dit que cette méthode sera efficace. (On ne peut bien sûr pas exclure que cela fonctionne sur certains sites et pas sur d&rsquo;autres.)</p>
<p>Dans tous les cas, le combat sera très long, parce que les nitrates ne sont pas encore limitants : s&rsquo;ils l&rsquo;étaient, la production d&rsquo;ulves varierait annuellement suivant les flux de nitrates, or ce n&rsquo;est pas le cas. Cela signifie que la diminution des flux de nitrates sera sans effet aussi longtemps que les nitrates ne seront pas devenus limitants.</p>
<p>Et à ce moment là, on ne sait pas comment se comporteront les autres sources d&rsquo;azote évoquées plus haut, compte-tenu des stocks d&rsquo;azote et de phosphore dans les sols et les sédiments.</p>
<p>Pour la lutte contre les flux de nitrates, on se trouve en effet devant une double difficulté : diminuer les fuites « directes » d&rsquo;azote de l&rsquo;agriculture et s&rsquo;assurer que la reminéralisation de l&rsquo;azote organique du sol et le captage de l&rsquo;azote de l&rsquo;air ne compromettent les efforts accomplis.</p>
<p>Et à supposer que ces deux difficultés soient résolues (!), reste à savoir quel résultat espérer d&rsquo;une telle diminution des flux de nitrates.</p>
<p>En effet, <a href="http://archimer.ifremer.fr/doc/1999/rapport-2665.pdf" target="_blank">certaines études</a> de l&rsquo;IFREMER ont été faites en considérant que les ulves avaient un taux de matière sèche de 2,8%, ce qui amenait les chercheurs à la conclusion que les ulves utilisaient selon les sites entre 0 et 50% des nitrates apportés par les rivières en fin de printemps et début d&rsquo;été (cinq semaines centrées sur juin).</p>
<p>En réalité, le taux de matière sèche est plutôt de l&rsquo;ordre de 10%, on trouve même quelque fois 15% (rapport « Chevassus » page 74) ; il faut donc conclure des études citées que la production d&rsquo;ulves peut être jusqu&rsquo;à deux fois supérieure à ce que permettent les apports de nitrates de cette même période. D&rsquo;où viennent les autres nitrates utilisés par les ulves ? Des apports antérieurs (c&rsquo;est qu&rsquo;il y a eu stockage), des apports ultérieurs (juillet août, en général l&rsquo;étiage) ou d&rsquo;une autre source ? S&rsquo;engager dans des efforts tels que ceux qui sont envisagés dans les plans de lutte contre les marées vertes sur des bases aussi peu fiables semble un peu hasardeux.</p>
<p>Il semble qu&rsquo;on pourrait essayer, en détournant une partie du débit d&rsquo;étiage de la rivière « responsable » de vérifier si les modèles utilisés sont bons, ou s&rsquo;ils ont besoin d&rsquo;être révisés (réviser un modèle n&rsquo;est pas une honte, c&rsquo;est ce que font sans cesse les météorologues, ce grâce à quoi ils progressent sans arrêt). Cette idée avait d&rsquo;ailleurs déjà été proposée il y a plus de vingt ans par des chercheurs de l&rsquo;IFREMER, mais avait suscité à l&rsquo;époque une levée de boucliers.</p>
<p>On sait, par l&rsquo;observation d&rsquo;autres sites, sur lesquels il n&rsquo;y a pas de marée verte malgré des flux de nitrates importants, que si les nitrates arrivent à un endroit où l&rsquo;eau est suffisamment renouvelée, il n&rsquo;y a pas de formation de marée verte. Les modèles hydrodynamiques existants permettraient de savoir quel débit capter et où le rejeter pour, peut-être, éviter les marées vertes, mais en tout cas pour valider ou pas les modèles utilisés . Donc tout le monde y trouverait son compte.</p>
<p>Sauf éventuellement ceux dont le combat contre les marées vertes serait un alibi pour obtenir la fin du modèle agricole breton.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://ysergent.fr/WordPress3/2013/10/en-bref-pour-ceux-qui-sont-presses/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Des pistes d&#8217;action</title>
		<link>http://ysergent.fr/WordPress3/2013/10/des-pistes-daction/</link>
		<comments>http://ysergent.fr/WordPress3/2013/10/des-pistes-daction/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 18 Oct 2013 15:44:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[CEVA]]></category>
		<category><![CDATA[eau profonde]]></category>
		<category><![CDATA[émissaire]]></category>
		<category><![CDATA[IFREMER]]></category>
		<category><![CDATA[marées vertes]]></category>
		<category><![CDATA[nitrates]]></category>
		<category><![CDATA[pêche]]></category>
		<category><![CDATA[phosphates]]></category>
		<category><![CDATA[rideau]]></category>
		<category><![CDATA[St-Michel-en-Grève]]></category>
		<category><![CDATA[ulves]]></category>
		<category><![CDATA[Yar]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://ysergent.fr/WordPress3/?p=109</guid>
		<description><![CDATA[En dehors de la biologie des ulves, dans les facteurs qui ont une influence dans le phénomène, se trouvent: le gaz carbonique et la lumière les nitrates les phosphates les stocks profonds les marées le vent et le site &#160; - Le rôle de la lumière a été déterminant à Venise, et l&#8217;est aujourd&#8217;hui au [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">En dehors de la biologie des ulves, dans les facteurs qui ont une influence dans le phénomène, se trouvent:</span></span></p>
<p><span style="font-size: medium; font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;">le gaz carbonique et la <a title="Gaz carbonique et lumière" href="http://ysergent.fr/WordPress3/2013/10/gaz-carbonique-et-lumiere/">lumière</a></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">les <a title="Azote et nitrates: un couple infernal?" href="http://ysergent.fr/WordPress3/2013/10/azote-et-nitrates-passe-et-avenir/">nitrates</a></span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">les <a title="Phosphore et phosphates: tout par en-dessous!" href="http://ysergent.fr/WordPress3/2013/10/phosphore-et-phosphates-tout-par-en-dessous/">phosphates</a></span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">les <a title="Le rôle des stocks hivernaux." href="http://ysergent.fr/WordPress3/2013/10/stocks-hivernaux-et-marees/">stocks profonds</a></span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">les <a title="marées: autant en emporte le courant!" href="http://ysergent.fr/WordPress3/2013/10/marees-autant-en-emporte-le-courant/">marées</a></span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a title="Le rôle du vent" href="http://ysergent.fr/WordPress3/2013/10/le-role-du-vent/">le vent</a> et</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">le <a title="Le site" href="http://ysergent.fr/WordPress3/2013/10/le-site/">site</a></span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">- Le rôle de la lumière a été déterminant à Venise, et l&rsquo;est aujourd&rsquo;hui au Mont St Michel, mais on ne voit pas de moyen de modifier la lumière sur les sites concernés.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">- Nous avons vu que tous les efforts du plan de lutte portent sur les nitrates, les efforts de nettoyage des plages n&rsquo;ayant pas de rôle préventif. </span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Dans l&rsquo;étude sur le cas du Yar</span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote1sym" name="sdfootnote1anc"><sup>1</sup></a></span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">, il est proposé, semble-t-il pour la première fois, de mettre l&rsquo;accent sur le contrôle des taux en fin de printemps et début d&rsquo;été, idée qui semble intéressante. Cela veut dire faire porter les efforts sur les flux d&rsquo;azote de cette période plus que sur les flux d&rsquo;azote totaux.</span></span></p>
<p><span style="font-size: medium; font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;">A ce titre, on se demande d&rsquo;ailleurs si la contestation des arrêtés préfectoraux de juillet 2009 au motif que l&rsquo;épandage n&rsquo;était interdit sur le maïs que jusqu&rsquo;au 15 février était une bonne idée. Les épandages faits entre le 15 février et le 15 mars ne doivent pas peser beaucoup sur les flux d&rsquo;azote de mai à août. Encore faut-il savoir si on veut l&rsquo;arrêt des marées vertes ou l&rsquo;arrêt de l&rsquo;agriculture ?</span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">- Il y a trop de phosphates présents dans le sédiment (plusieurs dizaines d&rsquo;années d&rsquo;apports) pour espérer les voir jouer dans un avenir proche le rôle de facteur limitant. Et les connaissances actuelles ne permettent pas à ma connaissance de modifier la disponibilité de ces stocks.</span></span></p>
<p><span style="font-size: medium; font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;">- L&rsquo;action sur les stocks profonds d&rsquo;ulves, qui servent de relais d&rsquo;une année sur l&rsquo;autre, semble avoir eu une certaine efficacité dans la baie de la Fresnaye.</span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Maintenant que les essais ont aussi montré la faisabilité technique de la pêche en eau profonde, il reste à vérifier si cette pêche a une efficacité préventive, s&rsquo;il y a des saisons où elle est plus efficace qu&rsquo;à d&rsquo;autres et si le bilan environnemental est positif. </span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">- On ne peut pas modifier les marées, mais on peut diminuer la quantité d&rsquo;algues présentes dans le rideau pour tenter de diminuer les échouages. Les essais menés depuis quelques années sur la pêche dans le rideau ont montré que c&rsquo;était techniquement possible, il faut maintenant vérifier si cette pêche est efficace pour prévenir les échouages, ou si elle augmente la croissance comme le prédit Alain Menesguen. Comme pour la pêche en eau profonde, il reste l&rsquo;obstacle des possibles dégâts sur l&rsquo;environnement.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">On pourrait aussi s&rsquo;interroger sur le rôle que pourraient jouer les herbiers de zostères, sans doute moins pour capter les nitrates et concurrencer les ulves que pour freiner leurs déplacements sur le fond, et peut-être diminuer les transferts des stocks profonds vers le rideau. Le repiquage de zostères est très coûteux, mais les budgets en jeu sont très élevés aussi.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">- Restent les sites.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Le site a une influence considérable. </span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">On n&rsquo;envisage bien sûr pas de modifier le profil de la côte. En accompagnement de mesures d&rsquo;amélioration de l&rsquo;assainissement, une digue de 8 km a été construite dans le Lac Nord de Tunis pour modifier la circulation de l&rsquo;eau, et cela s&rsquo;est traduit par une nette amélioration de la qualité de l&rsquo;eau dans la lagune. Mais ceci n&rsquo;est pas envisageable pour d&rsquo;innombrables raisons sur les côtes bretonnes.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Il y a peut-être un autre moyen de contourner la difficulté.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Boris Vian donne la <a href="http://www.paroles.net/boris-vian/paroles-la-java-des-bombes-atomiques" target="_blank">solution</a> dans la <a href="http://www.youtube.com/watch?v=eryzp0Pklc8" target="_blank">chanson</a> où le tonton bricoleur comprend que la portée de la bombe est sans importance si on choisit bien l&rsquo;endroit &nbsp;&raquo;où ce qu&rsquo;elle tombe&nbsp;&raquo;.</span></span></p>
<p><span style="font-size: medium; font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;">Puisqu&rsquo;on ne peut pas faire chuter rapidement le flux de nitrates, et qu&rsquo;il paraît difficile de redonner à la baie de Lannion la topographie qui était la sienne il y a 150 ans, (rien ne dit d&rsquo;ailleurs que cela serait déterminant pour lutter contre les marées vertes), on peut poser la question de l&rsquo;endroit où arrive le flux de nitrates de la rivière: on pourrait capter une partie du débit d&rsquo;étiage de la rivière juste avant l&rsquo;arrivée sur la plage, et l&rsquo;envoyer par un émissaire suffisamment loin pour que les nitrates du débit capté ne soient plus disponibles pour les ulves du rideau ou pour que la circulation du flux de nitrates soit suffisamment modifiée.</span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Construire des émissaires pour rejeter des effluents de station d&rsquo;épuration a déjà été fait, que ce soit à Landéda et Lannilis (29), sur la rivière de Pont-L&rsquo;abbé, ou sur l&rsquo;Odet. Pourquoi ne pas se servir de cette technique pour écarter le flux de nitrates du Yar de la plage ?</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">En utilisant leurs modèles, l&rsquo;IFREMER ou le CEVA pourraient déterminer le débit à capter (une partie du débit d&rsquo;étiage), et le point de rejet de l&rsquo;émissaire. Le coût d&rsquo;une telle opération n&rsquo;est sûrement pas prohibitif par rapport aux budgets engagés actuellement, et cet essai permettrait de valider ou d&rsquo;invalider le modèle, de dire avec certitude quelle réduction du flux de nitrates est nécessaire pour faire diminuer l&rsquo;eutrophisation &nbsp;&raquo;de manière efficace&nbsp;&raquo;, comme le stipule le Code de l&rsquo;Environnement.</span></span></p>
<p><span style="font-size: medium; font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;">S&rsquo;il s&rsquo;avérait impossible de supprimer les marées vertes en réduisant le flux de nitrates, ce serait une très mauvaise nouvelle, mais l&rsquo;information serait capitale. On saurait que les marées vertes ne peuvent pas être vaincues comme ça, autrement dit que la réduction du flux de nitrates n&rsquo;a pas permis de contrôler l&rsquo;eutrophisation &nbsp;&raquo;de manière efficace&nbsp;&raquo;.</span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Au contraire, si l&rsquo;opération permet de contrôler les nitrates, le résultat permettrait de valider ou d&rsquo;ajuster si nécessaire le modèle utilisé, ce qui serait fondamental pour tous ceux qui sont impliqués dans les efforts pour diminuer les flux de nitrates.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Dans le cas du Yar, le débit moyen en juin est d&rsquo;environ 400 litres/s ; s&rsquo;il est dit qu&rsquo;il faut diminuer le flux de nitrates de 50 ou de 75%, il faudra capter 200 ou 300 litres/s, et la limite de l&rsquo;estran, qui correspond à peu près aux limites naturelles de la baie, est à environ 2 kilomètres. Passer une tuyau de 50cm de diamètre sur 2 kilomètres de sable n&rsquo;est pas une opération anodine, mais n&rsquo;est pas non plus un exploit.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Dans la mesure où on ne capterait pas la totalité du débit, le passage des poissons diadromes, c&rsquo;est-à-dire passant de l&rsquo;eau de mer à l&rsquo;eau douce ou inversement, serait préservé. Sur la plage, on aurait simplement un étiage plus marqué que d&rsquo;habitude. Il conviendrait, bien sûr, d&rsquo;éviter de placer la sortie de l&rsquo;émissaire trop près d&rsquo;une zone susceptible de souffrir d&rsquo;une dessalure, même faible.</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="sdfootnote1">
<p><a href="#sdfootnote1anc" name="sdfootnote1sym">1</a><span style="font-size: small;"> Le Yar, rivière considérée comme responsable des marées vertes en baie de St-Michel-en-Grève, a une caractéristique originale : les taux de nitrates sont plus élevés en été, à l&rsquo;étiage, qu&rsquo;en hiver. C&rsquo;est l&rsquo;inverse du cas général. L&rsquo;explication tiendrait au rôle de la nappe phréatique, plus riche en nitrates en profondeur que près de la surface ; en hiver, le dessus, plus pauvre, de la nappe alimente la rivière, alors que c&rsquo;est du dessous, plus riche, que viennent les apports estivaux.</span></p>
<p><span style="font-size: small;"> Ce qui expliquerait le manque de réponse des taux de nitrates aux efforts effectués sur le bassin versant depuis des années.</span></p>
</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://ysergent.fr/WordPress3/2013/10/des-pistes-daction/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le rôle des stocks hivernaux.</title>
		<link>http://ysergent.fr/WordPress3/2013/10/stocks-hivernaux-et-marees/</link>
		<comments>http://ysergent.fr/WordPress3/2013/10/stocks-hivernaux-et-marees/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 18 Oct 2013 08:09:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[CEVA]]></category>
		<category><![CDATA[courant]]></category>
		<category><![CDATA[Dalmas]]></category>
		<category><![CDATA[Fresnaye]]></category>
		<category><![CDATA[IFREMER]]></category>
		<category><![CDATA[marées vertes]]></category>
		<category><![CDATA[plan de lutte]]></category>
		<category><![CDATA[printemps]]></category>
		<category><![CDATA[Pylaïella]]></category>
		<category><![CDATA[stocks-hivernaux]]></category>
		<category><![CDATA[ulves]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://ysergent.fr/WordPress3/?p=94</guid>
		<description><![CDATA[Le CEVA explique sur son site internet1 que le démarrage du développement des ulves au printemps est lié à l&#8217;importance des stocks restant en automne des marées vertes de l&#8217;année précédente. Il s&#8217;agit des stocks d&#8217;algues qui ne se sont pas échouées, et qui vont passer l&#8217;hiver vivantes, et libres. &#160; Ce qui est illustré [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Le CEVA explique sur son <a href="http://www.ceva.fr/fre/MAREES-VERTES/Connaissances-Scientifiques/Mecanismes-et-causes/Sensibilite-des-sites" target="_blank">site internet</a></span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote1sym" name="sdfootnote1anc"><sup>1</sup></a></span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"> que le démarrage du développement des ulves au printemps est lié à l&rsquo;importance des stocks restant en automne des marées vertes de l&rsquo;année précédente. Il s&rsquo;agit des stocks d&rsquo;algues qui ne se sont pas échouées, et qui vont passer l&rsquo;hiver vivantes, et libres.</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Ce qui est illustré par la figure suivante :</span></span></p>
<p><a href="http://ysergent.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2013/10/stks-hivernaux-ceva.png"><img class="alignnone size-full wp-image-95" alt="stks-hivernaux-ceva" src="http://ysergent.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2013/10/stks-hivernaux-ceva.png" width="634" height="377" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Ce qui confirme l&rsquo;hypothèse que les ulves sont installées, qu&rsquo;elles ont des stocks tampons inter-annuels, peut-être fixés, mais surtout libres, d&rsquo;où partent les marées vertes de l&rsquo;année suivante : elles se seraient installées un peu comme les aigrettes garzettes, qui ont envahi la Bretagne au grand plaisir des ornithologues. </span></span></p>
<p><span style="font-size: medium; font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;">En 2000 le CEVA évoquait les échanges possibles entre le rideau et les stocks de l&rsquo;infra-littoral, et en 2002, il posait la question des stocks profonds mal connus, de leur évolution dans le temps et dans l&rsquo;espace, de leur capacité à passer d&rsquo;un site à l&rsquo;autre et de leur rôle dans le démarrage des marées vertes.</span></p>
<p>D<span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">éjà était envisagée la possibilité de diminuer ces stocks pour tenter de retarder ou maîtriser les marées vertes. Le fait que l&rsquo;importance du stock de départ ait un effet important sur le démarrage au printemps permet d&rsquo;espérer qu&rsquo;une intervention en automne pour réduire les stocks hivernaux, suivie d&rsquo;une autre intervention au printemps permettrait de retarder encore le démarrage. Reste à voir jusqu&rsquo;où peut aller ce retard.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">A l&rsquo;IFREMER, au contraire, tout le monde est convaincu que le salut ne peut passer que par une lutte drastique contre les nitrates et donc, de façon tout à fait cohérente avec cette conviction, rejette tout ce qui sort de ce cadre, y compris à titre expérimental.</span></span><br />
<span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Des <a href="http://www.eau-et-rivieres.asso.fr/media/user/File/Actu2013/PNMIRamassageAVbaiedeDz.pdf" target="_blank">essais </a>ont été faits pour pêcher les algues en mer, soit dans le rideau avec des engins à roue, portés par le CEVA, soit en eau profonde à partir de bateaux, portés par le Parc Naturel Marin d&rsquo;Iroise. Un chercheur de l&rsquo;IFREMER a <a href="http://www.lepoint.fr/actualites-societe/2009-09-24/algues-vertes-le-ramassage-en-mer-n-est-pas-une-solution-selon-un/920/0/380248" target="_blank">publiquement</a> pris position contre ces techniques, considérant que la croissance des algues allait en être augmentée</span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote2sym" name="sdfootnote2anc"><sup>2</sup></a></span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">. Il faut reconnaître que c&rsquo;est possible si c&rsquo;est la lumière qui est limitante dans le rideau, mais on peut ajouter que ça n&rsquo;est pas possible si ce sont les nitrates qui sont limitants !</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">En fait dans le <a href="http://agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_algues_vertes_CGAAER_CGEDD_janv2010.pdf" target="_blank">plan de lutte</a> proposé au Premier Ministre par Dominique Dalmas <i>et al</i> début 2010, l&rsquo;idée de pêcher les algues dans l&rsquo;eau, que ce soit dans le rideau ou en mer, sera quand même reprise et fera l&rsquo;objet des recommandations respectivement n° 26 et 27.</span></span><br />
<span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Mais on voit, une fois de plus, le fossé entre la position de l&rsquo;IFREMER et l&rsquo;analyse faite par le CEVA qui justifie ces essais à la lecture des expériences </span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">passées. Une expérience qu&rsquo;ils ont menée en baie de la Fresnaye, mérite d&rsquo;être rapportée.</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><b>L&rsquo;expérience de la baie de la Fresnaye</b></span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Un document qui était disponible sur le site internet du CEVA</span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote3sym" name="sdfootnote3anc"><sup>3</sup></a></span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"> décrivait cette expérience qui a consisté à enlever le plus d&rsquo;ulves possible pendant trois ans dans la baie de la Fresnaye, située à l&rsquo;Est de la baie de St Brieuc. Le but était d&rsquo;étudier l&rsquo;évolution des marées vertes d&rsquo;année en année suite à ce nettoyage.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Le résultat est pour le moins impressionnant : après trois ans de nettoyage approfondi de la baie, le phénomène marée verte a disparu, et les ulves ne sont pas revenues depuis.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Le bilan est dressé avec beaucoup de précautions, et il est précisé qu&rsquo;on ne peut pas affirmer que l&rsquo;opération pourrait être conduite ailleurs avec succès. Toutefois elle a le mérite d&rsquo;exister et elle montre que sur ce site au moins, le fait de se débarrasser des ulves n&rsquo;a pas amené de catastrophe : </span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">du point de vue scientifique, on a assisté au développement d&rsquo;autres espèces d&rsquo;algues moins exigeantes en nitrates (Pylaïella, Cladophora, Ulvaria) qui présentent l&rsquo;avantage de s&rsquo;échouer beaucoup moins et d&rsquo;être moins riches en soufre. C&rsquo;est une information précieuse, parce que la question pouvait être légitimement posée, de ce qui allait &nbsp;&raquo;pousser&nbsp;&raquo; à la place des ulves quand on les aurait enlevées, puisque le flux de nutriments n&rsquo;avait pas été supprimé ;</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">du point de vue des riverains ou des responsables des opérations de nettoyage des sites, le progrès est considérable, on peut parler de plages propres, la baignade est de nouveau possible ; à part un épisode de croissance rapide de Pylaïella en avril mai 2009, la &nbsp;&raquo;paix&nbsp;&raquo; est revenue. On a signalé aussi des échouages en fin de saison 2012 de débris de zostères</span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote4sym" name="sdfootnote4anc"><sup>4</sup></a></span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">, ce qui est une preuve de bonne santé du milieu.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">La baie de la Fresnaye fait partie des huit baies cibles du plan de lutte contre les algues vertes, donc les efforts continuent contre les nitrates sur tout le bassin versant. Si l&rsquo;on voulait mener l&rsquo;expérience de manière réellement scientifique, il faudrait disposer de plusieurs sites exactement comparables, et de procéder à l&rsquo;enlèvement complet sur une partie d&rsquo;entre eux, et de n&rsquo;enlever que les échouages sur le reste des sites. C&rsquo;est hélas impossible, parce qu&rsquo;on ne dispose pas de sites strictement comparables, les conditions variant selon les années entre deux sites même très proches.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Il n&rsquo;y a donc pas d&rsquo;autre solution que de faire des essais empiriques sur d&rsquo;autres sites pour en mesurer l&rsquo;impact, même si cela n&rsquo;a pas valeur de démonstration scientifique .</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">On peut retenir que le CEVA a réussi, avec les communes et communauté de communes concernées, sur un site particulier, à éradiquer les marées vertes par un procédé autre que la réduction des taux de nitrates. Cette réussite a eu étonnement peu d&rsquo;écho, malgré sa nouveauté.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Il faut tempérer cet enthousiasme en notant que dès 2002, la commune d&rsquo;Erquy ne ramasse plus d&rsquo;ulves non plus, alors qu&rsquo;il est peu probable qu&rsquo;elle ait pu bénéficier des efforts faits plus à l&rsquo;est dans la baie de la Fresnaye. Cette amélioration à Erquy est-elle un premier fruit des efforts faits sur les rejets de nutriments, et si c&rsquo;est le cas, qu&rsquo;en est-il de la baie de la Fresnaye ?</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Si l&rsquo;essai mené par le CEVA n&rsquo;a pas été le seul responsable de l&rsquo;amélioration de la situation, peut-être a-t-il eu le mérite d&rsquo;accélérer quelque chose qui se serait produit de toute façon ?</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Autant dans la théorie de l&rsquo;IFREMER, il suffit de quelques morceaux d&rsquo;algues grands comme l&rsquo;ongle pour créer en quelques semaines un rideau dense et une marée verte étendue, autant le CEVA semble plus prudent et ouvert à tous les essais de réduction de la quantité d&rsquo;algues servant de point de départ au développement de la marée verte. Cet essai en baie de la Fresnaye est arrivé en réponse à toute une série de questions</span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><b><a href="#sdfootnote5sym" name="sdfootnote5anc"><sup>5</sup></a> </b></span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">dont le fait qu&rsquo;elles soient posées </span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">montre qu&rsquo;il existe une autre grille de lecture du problème &nbsp;&raquo;marées vertes&nbsp;&raquo; que l&rsquo;association automatique marées vertes-nitrates-cochons, et qu&rsquo;on peut envisager d&rsquo;autres moyens de lutte que la seule intervention sur les taux de nitrates. Ce qui ne signifie pas qu&rsquo;il faille exclure cette dernière !</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><b>D&rsquo;après le CEVA, il semble que les stocks hivernaux (profonds) servent d&rsquo;ensemencement pour les marées vertes de l&rsquo;année suivante.</b></span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="sdfootnote1">
<p><a href="#sdfootnote1anc" name="sdfootnote1sym">1</a><span><i> &nbsp;&raquo;Le suivi des marées vertes sur plusieurs années a permis de montrer que le pic printanier d’une marée verte (juin) dépendait très peu des flux d’azote mesurables avant et pendant cette période, mais pouvait être corrélé aux stocks d’ulves présents sur les sites en fin de saison précédente, de même qu’aux conditions hivernales de dispersion et de croissance des algues&#8230;.&nbsp;&raquo; CEVA</i></span></p>
</div>
<div id="sdfootnote2">
<p><a href="#sdfootnote2anc" name="sdfootnote2sym">2</a><span style="font-size: small;"> &nbsp;&raquo;Ramasser les algues vertes en mer, comme l&rsquo;a proposé la secrétaire d’État à l’Écologie Chantal Jouanno après le décès suspect d&rsquo;un salarié en Bretagne, n&rsquo;apparaît pas comme une solution, a expliqué jeudi un chercheur de l&rsquo;Ifremer lors d&rsquo;une conférence de presse.</span></p>
<p><span style="font-size: small;"> &laquo;&nbsp;On a proposé de donner de l&rsquo;argent public pour ramasser les algues en mer. Il faut savoir que c&rsquo;est très difficile d&rsquo;aller dans cette zone, il faut des barges. Et que fait-on: on les ramène sur la plage?, on les remet en mer?&nbsp;&raquo;, s&rsquo;est interrogé Alain Menesguen, directeur de recherche à l&rsquo;Ifremer, qui étudie depuis plus de vingt ans le phénomène des marées vertes en Bretagne.</span></p>
<p><span style="font-size: small;"> &laquo;&nbsp;Faire du ramassage intensif et surtout en mer, cela va augmenter la production d&rsquo;algues vertes&nbsp;&raquo;, a-t-il même affirmé.&nbsp;&raquo; AFP 24/9/2009</span></p>
</div>
<div id="sdfootnote3">
<ul>
<li><a href="#sdfootnote3anc" name="sdfootnote3sym">3</a><span style="font-size: small;">&nbsp;&raquo;Un programme de ramassage, le plus précoce et massif possible, a été entrepris en 2003 dans le secteur: baie de la Fresnaye &#8211; baie de l’Arguenon &#8211; baie de Beaussais, visant à évaluer son effet sur la marée verte de l’année dans le même secteur. </span></li>
</ul>
<p><span style="font-size: small;"> Une quantité minimale de 1500 m3 d’algues a été collectée en baie de la Fresnaye en phase d’apparition de la marée verte, entre le 10 mars et le 18 avril 2003, permettant de tester de nouveaux outils en grandeur nature et ayant pour conséquence d’écrêter le maximum estival de biomasse dans le site. Il est aussi apparu que la baie qui était réputée inaccessible à un chantier de ramassage l’était en fait et que le nettoyage ponctuel de différents accès à la baie avait une efficacité « longue durée » (c&rsquo;est-à-dire sans un retour rapide des algues du fait de leur faible mobilité dans le site). Cet aspect a joué un rôle important dans la perception que les riverains ont eu du « succès » de l’opération et dans l’intérêt qu’a eu la CCPM à installer un chantier de ramassage même classique pour améliorer la qualité de ses plages. La CCPM a reconduit l’opération sur 2004 et 2005, mais avec une apparition des algues de plus en plus tardive, des quantités maximales de plus en plus limitées dans la baie en période estivale. En 2006 la marée verte a été désamorcée dans la baie, rendant inutile l’intervention d’un chantier. </span></p>
<p><span style="font-size: small;"> Dans la mesure où la période 2003 à 2006 a été caractérisée par une succession de flux estivaux très bas dans la baie, ainsi que par le développement particulier en 2006 d’une espèce concurrente dans un contexte de printemps très froid, il est difficile aujourd’hui de faire un bilan sur le rôle exact, probablement mineur, qu’a pu jouer le chantier lui-même par rapport aux facteurs climatiques, dans cette régression très sensible du phénomène de marée verte.&nbsp;&raquo; Site internet CEVA</span></p>
</div>
<div id="sdfootnote4">
<p><a href="#sdfootnote4anc" name="sdfootnote4sym">4</a>Les zostères sont des plantes aquatiques marines, qui ne sont pas des algues, et forment des herbiers sur des fonds sableux ou sablo-vaseux ; ces herbiers sont des abris pour une faune abondante, et sont appréciées comme nourriture par les bernaches.</p>
</div>
<div id="sdfootnote5">
<p><a href="#sdfootnote5anc" name="sdfootnote5sym">5</a><span style="font-size: small;">&nbsp;&raquo;Les stocks accessibles à l&rsquo;observation aérienne sont-ils toujours, d&rsquo;un site à l&rsquo;autre, suffisamment représentatifs des stocks totaux d&rsquo;une baie. Quelle est la part immergée des stocks qui échappe à une évaluation ponctuelle ou pluriannuelle ?</span></p>
<p><span style="font-size: small;"> Y a-t-il, d&rsquo;année en année, de plus en plus d&rsquo;algues sur le fond au large des sites à marée verte ?</span></p>
<p><span style="font-size: small;"> Peuvent-elles passer d&rsquo;un site à l&rsquo;autre quand ils sont rapprochés (et fausser ainsi l&rsquo;évaluation de la résistance potentielle de certains sites à des mesures préventives engagées en amont de manière isolée) ?</span></p>
<p><span style="font-size: small;"> La capacité différentielle des sites à conserver jusqu&rsquo;au printemps des stocks résiduels infra littoraux, a-t-elle de l&rsquo;importance dans la précocité, l&rsquo;ampleur et la durée des marées vertes dans un site ? Cet aspect intervient-il de manière importante dans la résistance potentielle de certains sites à des mesures préventives, comme curatives ?</span></p>
<p><span style="font-size: small;"> Dans quelles conditions les algues sont-elles définitivement dispersées au large et perdues par le système ? Pourrait-on par exemple accélérer ce transfert naturel en déstockant le rideau par pompage et rejet au large ?&nbsp;&raquo;</span></p>
<p><span style="font-size: small;"><i> (Toutes ces questions se trouvent dans l&rsquo;introduction d&rsquo;une publication de 2002 sur les stocks de la baie de la Fresnaye et de deux baies voisines, qui a abouti à la réalisation des essais qui seront évoqués ultérieurement.)</i></span></p>
<p>&nbsp;</p>
</div>
<div id="sdfootnote6">
<p>&nbsp;</p>
</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://ysergent.fr/WordPress3/2013/10/stocks-hivernaux-et-marees/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La controverse: la &#171;&#160;guerre&#160;&#187; des chercheurs</title>
		<link>http://ysergent.fr/WordPress3/2013/10/la-controverse-la-guerre-des-chercheurs/</link>
		<comments>http://ysergent.fr/WordPress3/2013/10/la-controverse-la-guerre-des-chercheurs/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 17 Oct 2013 13:55:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[Barroin]]></category>
		<category><![CDATA[Buson]]></category>
		<category><![CDATA[CEVA]]></category>
		<category><![CDATA[controverse]]></category>
		<category><![CDATA[IFREMER]]></category>
		<category><![CDATA[INRA]]></category>
		<category><![CDATA[ISTE]]></category>
		<category><![CDATA[marées vertes]]></category>
		<category><![CDATA[nitrates]]></category>
		<category><![CDATA[ulves]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://ysergent.fr/WordPress3/?p=77</guid>
		<description><![CDATA[Jusqu&#8217;ici, tout le monde semble d&#8217;accord, il y a des algues vertes parce qu&#8217;il y a des nitrates, et les nitrates viennent de l&#8217;agriculture intensive. Le plan de lutte contre les marées vertes est construit autour de cette certitude. Comme on va le voir, il y a un désaccord assez profond entre nos différents organismes [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Jusqu&rsquo;ici, tout le monde semble d&rsquo;accord, il y a des algues vertes parce qu&rsquo;il y a des nitrates, et les nitrates viennent de l&rsquo;agriculture intensive. Le plan de lutte contre les marées vertes est construit autour de cette certitude. Comme on va le voir, il y a un désaccord assez profond entre nos différents organismes de recherche sur l&rsquo;analyse de la situation.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Trois organismes de recherche sont intervenus à des degrés divers sur ce dossier.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Le <a href="http://www.ceva.fr/" target="_blank">CEVA</a> , Centre d&rsquo;Etudes et de Valorisation des Algues, comme son nom l&rsquo;indique, travaille exclusivement sur les algues. Il fut créé en mai 1982 sous le nom de Centre d&rsquo;Expérimentation et de Recherche Appliquée en Algologie, avec la mission principale de lutter contre le problème des marées vertes. Lorsqu&rsquo;il devint CEVA en 1986, ses missions, si l&rsquo;on en juge par ses statuts, furent largement élargies, allant de l&rsquo;étude à la valorisation de toutes les algues. Beaucoup de travail a été fait, incluant dans les années 80 de nombreuses expérimentations pour valoriser les algues, par exemple en alimentation animale, et dans les années 2000 pour ramasser les ulves dans le rideau, en passant par de très nombreuses analyses des algues au cours des saisons, et de nombreuses observations des dépôts sur le terrain.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">L&rsquo;<a href="http://wwz.ifremer.fr/institut" target="_blank">IFREMER</a>, (Institut Français de Recherche et d&rsquo;Exploitation de la Mer)</span></span><sup><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote1sym" name="sdfootnote1anc"><sup>1</sup></a></span></span></sup><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"> s&rsquo;occupe de tout ce qui touche à la mer, et les algues ne sont donc qu&rsquo;une toute petite part de ses activités. Mais il y au sein du département &nbsp;&raquo;Dynamiques de l&rsquo;Environnement Côtier&nbsp;&raquo; une équipe qui a beaucoup travaillé et publié sur les marées vertes, en particulier sur la modélisation du phénomène.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">L&rsquo;<a href="http://www.inra.fr/" target="_blank">INRA</a> (Institut National de la Recherche Agronomique) très connu pour ses travaux sur tout ce qui touche à l&rsquo;agriculture et l&rsquo;élevage, n&rsquo;est pas à priori concerné par les algues, mais l&rsquo;est en fait indirectement puisque les marées vertes sont généralement attribuées aux effluents de l&rsquo;élevage industriel ou hors-sol.</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><b>La Position de l&rsquo;IFREMER.</b></span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Pour l&rsquo;IFREMER , il n&rsquo; y a aucun doute possible, les nitrates sont responsables des marées vertes. A l&rsquo;appui de cette thèse, les chercheurs utilisent des modélisations de croissance et des analyses de la composition des algues vertes à différentes saisons.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Cette conviction s&rsquo;exprime de façon on ne peut plus claire dans une <a href="http://archimer.ifremer.fr/doc/2003/rapport-143.pdf" target="_blank">publication de 2003</a></span></span><sup><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote2sym" name="sdfootnote2anc"><sup>2</sup></a></span></span></sup><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">On y trouve une étude rapprochant les quantités maximales d&rsquo;ulves (à St Brieuc) d&rsquo;une part, et les apports d&rsquo;azote par jour au mois de juin par les rivières affluentes d&rsquo;autre part. Ce diagramme montre une corrélation très &nbsp;&raquo;parlante&nbsp;&raquo;.</span></span></p>
<p><a href="http://ysergent.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2013/10/biomasse-nitrates1.png"><img class="alignnone size-medium wp-image-78" alt="biomasse-nitrates1" src="http://ysergent.fr/WordPress3/wp-content/uploads/2013/10/biomasse-nitrates1-300x187.png" width="300" height="187" /></a></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Les triangles jaunes correspondent aux années prises en compte dans l&rsquo;étude de 1995 (1986 &#8211; 1992) Le fait que les points soient presque alignés traduit l&rsquo;existence d&rsquo;une corrélation forte entre le flux d&rsquo;azote sur le site au mois de juin et la biomasse maximale d&rsquo;ulves en baie de St Brieuc.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Cette corrélation est d&rsquo;autant plus troublante qu&rsquo;elle permet d&rsquo;expliquer la totalité de la production d&rsquo;algues vertes par les seuls apports en nitrates du mois de juin : en effet le tonnage d&rsquo;azote correspond au tonnage nécessaire à la production de la biomasse totale décrite. (Schématiquement, 1 g d&rsquo;azote correspond à 4,4 g de nitrates, et à 310 g d&rsquo;ulves fraîches sur la base de 10% de matière sèche). Cela signifie-t-il que les apports des autres mois sont inutiles pour les ulves, ou qu&rsquo;une partie des apports de juin est dispersée, et que les autres mois compensent les quantités ainsi perdues ?</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Dans tous les cas, cela signifie que la production d&rsquo;ulves est très inférieure à ce que les apports totaux d&rsquo;azote permettraient, ce que laissait entendre les &nbsp;&raquo;sensibilités&nbsp;&raquo; des sites (voir &laquo;&nbsp;<a title="Le site" href="http://ysergent.fr/WordPress3/2013/10/le-site/">le site</a>&laquo;&nbsp;). Cela est cohérent avec les simulations montrant qu&rsquo;il faut diminuer beaucoup les taux de nitrates avant d&rsquo;avoir le moindre effet sur les marées vertes.</span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"> Ce qu&rsquo;annonce d&rsquo;ailleurs de façon très claire</span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote3sym" name="sdfootnote3anc"><sup>3</sup></a></span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"> Alain Menesguen dans cette publication où il reprend ce travail de 1995 : depuis que les taux de nitrates ont atteint 20 mg/l dans le Douron, la production d&rsquo;ulves n&rsquo;a plus augmentée. Cela veut dire que depuis ce moment là, les nitrates ne sont plus limitants.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Curieusement, dans la même publication, il est fait état de résultats d&rsquo;analyses faites par le CEVA qui montrent que la teneur en azote des ulves diminue en fin de printemps et été, jusqu&rsquo;à atteindre un taux où il n&rsquo;y a plus de croissance</span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote4sym" name="sdfootnote4anc"><sup>4</sup></a></span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">. La teneur en azote des ulves peut effectivement diminuer et chuter jusqu&rsquo;à un niveau qui ralentit la croissance, puis à un niveau où la croissance est complètement arrêtée.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Il en conclut fort logiquement que cela signifie que les nitrates sont limitants dans la &nbsp;&raquo;prolifération estivale des ulves&nbsp;&raquo;. Si tel est le cas, toute diminution des flux de nitrates doit bloquer la croissance plus longtemps, donc la production d&rsquo;ulves doit diminuer. Donc il est normal d&rsquo;observer une corrélation entre les flux d&rsquo;azote et les stocks d&rsquo;ulves.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Le problème est que cette corrélation est mise en évidence sur un seul site (baie de St Brieuc), et qu&rsquo;il vient d&rsquo;être montré par l&rsquo;exemple du Douron qu&rsquo;au moins là, elle n&rsquo;existait pas.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">En réalité, cette publication a pour but de démontrer la responsabilité du nitrate (c&rsquo;est le titre de la publication) et doit être lue comme une pièce d&rsquo;une controverse qui dure depuis des années. </span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><b>La position de l&rsquo;INRA (Guy Barroin).</b></span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">La même année, un chercheur de l&rsquo;INRA (Barroin, 2003) publie un <a href="http://www7.inra.fr/dpenv/barroc48.htm" target="_blank">article</a> où il explique pourquoi il ne croit pas à la possibilité de lutter contre les développements excessifs d&rsquo;algues en luttant seulement contre les nitrates</span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote5sym" name="sdfootnote5anc"><sup>5</sup></a></span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">. Pour résumer, il explique que s&rsquo;il peut arriver que ponctuellement les nitrates soient limitants, on ne peut pas mener un combat contre une eutrophisation en diminuant les nitrates, parce que si ceux-là venaient à manquer, des cyanobactéries se multiplieraient en captant l&rsquo;azote de l&rsquo;atmosphère, et que le milieu se trouverait enrichi en azote. Il affirme donc qu&rsquo;il faut lutter contre les phosphates. Mais on a vu que c&rsquo;est très difficile compte-tenu des stocks présents dans le sédiment.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Enfin il explique en quelle estime il tient ceux qui n&rsquo;ont pas compris ça : &nbsp;&raquo;Totale méconnaissance&nbsp;&raquo;… &nbsp;&raquo;fort louable souci d&rsquo;économie de pensée&nbsp;&raquo;. Le débat est vif ! (voir la note 5)</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Il semble que tous les chercheurs de l&rsquo;INRA ne partagent pas le point de vue de Barroin, mais il est intéressant d&rsquo;opposer des analyses différentes.</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b style="font-size: medium; font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;">La position du CEVA</b><span style="font-size: medium; font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;">.</span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Le CEVA a dans un premier temps estimé que c&rsquo;était en luttant contre les phosphates qu&rsquo;on avait une chance d&rsquo;aboutir ; d&rsquo;où un plan de déphosphatation qui a été mis en œuvre de 88 à 92, qui a permis de réduire de façon très importante les rejets de phosphates, mais n&rsquo;a pas eu d&rsquo;influence sur les échouages, les phosphates présents dans le sédiment ayant pris le relais. Une légère baisse des taux de phosphore interne des algues a été quelquefois observée, mais insuffisante pour que le phosphore devienne limitant.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Ultérieurement le CEVA a insisté sur la baisse des taux de nitrates en cours de saison, qui semblent signer le rôle limitant des nitrates.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Plus récemment, dans</span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"> <a href="http://www.ceva.fr/fre/MAREES-VERTES/Connaissances-Scientifiques/Mecanismes-et-causes/Roles-respectifs-de-l-azote-et-du-phosphore" target="_blank">un document disponible sur son site internet</a></span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote6sym" name="sdfootnote6anc"><sup>6</sup></a></span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">, le CEVA insiste sur la différence entre facteur limitant, facteur &nbsp;&raquo;responsable&nbsp;&raquo; et facteur opérationnel de contrôle.</span></span><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><a href="#sdfootnote7sym" name="sdfootnote7anc"><sup>7</sup></a></span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Pour résumer la position du CEVA, ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;un élément est facteur limitant qu&rsquo;il est le facteur responsable. Ce qui paraît relativement évident : tous les éléments sont présents en quantité suffisante, et le premier qui vient à manquer, et qui devient de ce fait facteur limitant, ne peut pas être accusé d&rsquo;être responsable alors qu&rsquo;il est en fait, parmi tous les éléments nécessaires, celui qui est le moins abondant par rapport aux besoins des algues.</span></span></p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;"><b>Pour l&rsquo;IFREMER, les nitrates sont à la fois facteur limitant et facteur responsable des marées vertes ; pour l&rsquo;INRA (Guy Barroin), c&rsquo;est contre les phosphates qu&rsquo;il faut se battre, même s&rsquo;il faut des dizaines d&rsquo;années ; et le CEVA a aujourd&rsquo;hui une position intermédiaire, où les nitrates ne sont ni responsables ni limitants, mais sont le seul moyen de contrôle possible.</b></span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: 'Trebuchet MS', sans-serif;"><span style="font-size: medium;">Enfin on ne peut finir ce tour de table sans évoquer l&rsquo;Institut Scientifique et Technique de l&rsquo;Environnement (<a href="http://www.institut-environnement.fr/" target="_blank">ISTE</a>), association présidée par Christian Buson, dont l&rsquo;action et les publications (démontrant l’innocuité des nitrates pour la santé humaine et le manque de solidité de la démonstration du lien entre nitrates et marées vertes) ont conduit à la demande par les ministères de l&rsquo;Agriculture et de l&rsquo;Environnement du rapport d&rsquo;arbitrage conduit par Mr Chevassus-au-Louis. L&rsquo;ISTE est en effet cité nominativement dans la lettre de mission à l&rsquo;origine de ce rapport (voir &laquo;&nbsp;<a title="L’arbitrage, ou le rapport « Chevassus »" href="http://ysergent.fr/WordPress3/2013/10/larbitrage-ou-le-rapport-chevassus/">l&rsquo;arbitrage</a>&laquo;&nbsp;), qui sera évoqué longuement par ailleurs.</span></span></p>
<div id="sdfootnote1">
<p><a href="#sdfootnote1anc" name="sdfootnote1sym">1</a><span style="font-size: small;"> L&rsquo;IFREMER est né en 1984 de la fusion du CNEXO (Centre National pour l&rsquo;EXploitation des Océans) créé en 1967 et de l&rsquo;ISTPM (Institut Scientifique et Technique des Pêches Maritimes) remplaçant lui-même en 1953 l&rsquo;Office des Pêches Maritimes </span></p>
</div>
<div id="sdfootnote2">
<p><a href="#sdfootnote2anc" name="sdfootnote2sym">2</a><span style="font-size: small;"> &nbsp;&raquo;Les marées vertes en Bretagne. La responsabilité du nitrate&nbsp;&raquo;, Menesguen A.</span></p>
</div>
<div id="sdfootnote3">
<p><a href="#sdfootnote3anc" name="sdfootnote3sym">3</a><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: small;"> &nbsp;&raquo;On notera par ailleurs que depuis longtemps, en fait depuis que la concentration en nitrate du </span></span><span style="font-family: 'Times New Roman', serif;"><span style="font-size: small;">Douron a atteint 20 mg/l, le site est saturé et produit déjà son maximum d’algues vertes, ce qui permet d’avertir les pouvoirs publics et l’opinion qu’il ne faut hélas espérer aucun effet visible des 50 premiers pourcents de réduction de la teneur actuelle du Douron en nitrate, ce qui serait pourtant déjà un effort énorme !&nbsp;&raquo; Menesguen 2003</span></span></p>
</div>
<div id="sdfootnote4">
<p><a href="#sdfootnote4anc" name="sdfootnote4sym">4</a><span style="font-size: small;"> &nbsp;&raquo;En ce qui concerne les nutriments disponibles, il a été montré à maintes reprises au niveau </span><span style="font-size: small;">des thalles individuels eux-mêmes, par le suivi régulier de leur teneur en azote et en phosphore, que les ulves subissent chaque année une chute rapide de leur teneur en azote au printemps tendant vers des valeurs estivales insuffisantes pour une croissance correcte des algues, et ne recouvrent des teneurs élevées qu&rsquo;en fin d&rsquo;automne. Ce phénomène d&rsquo;appauvrissement des algues est également visible pour le phosphore, mais est moins marqué et plus transitoire que pour l&rsquo;azote, </span><span style="font-size: small;"><b>ce qui établit au niveau physiologique que la prolifération estivale des ulves sur les côtes bretonnes est limitée par l&rsquo;azote</b></span><span style="font-size: small;">.&nbsp;&raquo;</span><span style="font-size: small;"> (c&rsquo;est surligné dans le texte) Menesguen 2003</span></p>
</div>
<div id="sdfootnote5">
<p><a href="#sdfootnote5anc" name="sdfootnote5sym">5</a><span style="font-size: small;"> &nbsp;&raquo;Que la pollution par les phosphates rende l&rsquo;azote limitant dans un espace/temps restreint ne fait aucun doute. En inférer que l&rsquo;azote est limitant à l&rsquo;échelle de l&rsquo;écosystème, c&rsquo;est ignorer le rôle des fixatrices d&rsquo;azote. Et vouloir, dans ces conditions, utiliser l&rsquo;azote comme facteur de maîtrise est à la fois techniquement impossible et écologiquement risqué. C&rsquo;est toujours le phosphore qu&rsquo;il convient de réduire globalement, c&rsquo;est toujours lui le facteur de maîtrise. ..<br />
&#8230;Cette stratégie d&rsquo;intervention peut sembler novatrice pour certains, déplacée pour d&rsquo;autres, tant l&rsquo;idée de la responsabilité du nitrate est ancrée dans les esprits. Ancrage facilité déjà par une certaine (mauvaise) volonté à voir de l&nbsp;&raquo;&rsquo;eutrophisation &nbsp;&raquo; là où sévit la &nbsp;&raquo;pollution par les phosphates&nbsp;&raquo;. Mais ancrage facilité surtout par l&rsquo;application d&rsquo;une version &laquo;&nbsp;adaptée&nbsp;&raquo; du concept originel de facteur limitant : puisque pour augmenter une production céréalière il suffit d&rsquo;augmenter le facteur limitant, pour réduire les proliférations algales il suffit de réduire ce même facteur limitant, et s&rsquo;il est &nbsp;&raquo; scientifiquement prouvé &nbsp;&raquo; que l&rsquo;azote est le facteur limitant, c&rsquo;est l&rsquo;azote qu&rsquo;il convient de réduire. Raisonnement qui témoigne d&rsquo;une totale méconnaissance de l&rsquo;abîme qui sépare l&rsquo;augmentation d&rsquo;une production céréalière de la diminution de proliférations algales, ne serait-ce que du point de vue de l&rsquo;activité des fixatrices d&rsquo;azote. Procédant sans doute d&rsquo;un fort louable souci d&rsquo;économie de pensée ce raisonnement présente cependant l&rsquo;avantage considérable d&rsquo;être simple, d&rsquo;où son succès&#8230;&nbsp;&raquo; G.Barroin 2003</span></p>
</div>
<div id="sdfootnote6">
<p><a href="#sdfootnote6anc" name="sdfootnote6sym">6</a><span style="color: #000080;"><span style="color: #000000;"><span style="font-size: small;"><i>http://www.ceva.fr/fre/MAREES-VERTES/Connaissances-Scientifiques/Mecanismes-et-causes/Roles-respectifs-de-l-azote-et-du-phosphore</i></span></span></span></p>
</div>
<div id="sdfootnote7">
<p><a href="#sdfootnote7anc" name="sdfootnote7sym">7</a><span style="font-size: small;"> &nbsp;&raquo;C’est ainsi que l’on assimile régulièrement le facteur limitant au facteur « responsable » ou dont « l’excès » est « à l’origine » de l’eutrophisation. De tels raccourcis de langage ont en fait l’inconvénient de faire perdre de sa lisibilité à la notion de facteur limitant puisque celui-ci se définit en réalité comme le facteur « minimum » par rapport aux autres qui sont, eux, en excès pour la croissance des algues. Le facteur limitant n’est pas plus qu’un élément nutritif dont l’évolution est responsable du processus d’eutrophisation à un stade trophique donné, sachant aussi d’après ce qui précède que les stades trophiques peuvent se succéder avec des facteurs limitants « responsables » différents.</span></p>
<p><span style="font-size: small;"> Ensuite, s’il est logique à priori de considérer le facteur limitant d’une eutrophisation comme le facteur de maîtrise à privilégier (contrôler le facteur qui contrôle, plutôt que celui qui ne contrôle pas…), il est quand même intéressant de se poser la question du stade trophique que l’on prendra comme objectif de restauration. S’attaquer exclusivement au facteur limitant du stade trophique du moment pour en bloquer l’évolution (et éviter une crise dystrophique par exemple), n’est pas la même chose que de s’attaquer (aussi) par anticipation au facteur limitant qui contrôlera le stade trophique de retour à un bon état du milieu.&nbsp;&raquo; CEVA</span></p>
</div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://ysergent.fr/WordPress3/2013/10/la-controverse-la-guerre-des-chercheurs/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
